Une vive polémique a éclaté vendredi en Israël à propos d’un projet d’amnistie générale envisagé par le comité spécial chargé de préparer les festivités marquant le cinquantième anniversaire de la création de l’Etat, le 14 mai 1948.
Le président de ce comité, l’ancien ministre libéral des Finances Yitzhak Modaï, a sugéré que les personnes ayant maille à partir avec la justice israélienne bénéficient de l’amnistie à l’occasion de ce jubilé.
Une mesure similaire avait été adoptée lors de la création de l’Etat et après la fin de la guerre des six jours de juin 1967.
En 1967, 501 prisonniers avaient été élargis, soit le tiers de la population pénitentiaire d’alors.
Le président israélien Ezer Weizman a fait savoir qu’il s’opposait par principe à donner sa grâce à des criminels pour les fêtes du cinquantenaire de l’Etat.
Le Procureur de l’Etat Elyakim Rubinstein a également pris position contre ce projet en soulignant «qu’Israël ne doit pas exprimer sa joie en vidant ses prisons».
Il a ajouté que les mesures de clémence de 1948 et 1967 n’avaient pas été couronnées de succès «puisque 60% des criminels bénéficiaires avaient ensuite récidivé dans les 3 ans, et 75% dans les 5 ans».
Le premier ministre Benjamin Netanyahu a de son côté indiqué ne pas avoir été averti du projet d’amnistie. Mais il a par avance écarté l’idée d’une mesure bénéficiant à son allié politique Arié Déri, chef du parti religieux orthodoxe Shass (10 élus).
Ce dernier est poursuivi en justice depuis sept ans pour une affaire d’escroquerie et a fait savoir dans une lettre à M. Weizman qu’il souhaite ne pas profiter du jubilé d’Israël pour échapper à sa peine éventuelle. (AFP)

