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Actualités - Chronologie

La valse-hésitation sur la francophonie divise le régime de Kinshasa

Le revirement de Kinshasa, mercredi, sur le retrait de la RDC de la francophonie, illustre les hésitations de la diplomatie du président Laurent-Désiré Kabila et témoigne d’un vif débat au sein du pouvoir sur l’opportunité d’une telle décision.
La presse kinoise qualifie jeudi de «surprise» l’affirmation, par le président de la République démocratique du Congo (RDC, ex-Zaïre) lors d’une conférence de presse, que son pays «n’a pas quitté la francophonie jusqu’à maintenant».
«Le week-end dernier, les médias officiels avaient annoncé le retrait de la RDC de la francophonie», rappelle le journal «Le Phare». Ce retrait avait été confirmé et justifié, dimanche, par le porte-parole du gouvernement et ministre de l’Information, Raphaël Ghenda, alors que se tenait à Hanoi le sommet de la francophonie.
La décision de quitter l’organisation francophone avait été prise après de longs débats au sein du gouvernement, certains responsables gouvernementaux ayant jugé inopportun un tel «coup d’éclat», ont indiqué des sources proches du pouvoir.
Selon les mêmes sources, ces derniers estimaient que cette décision priverait le pays de l’aide de l’Agence de coopération de la francophonie (ACCT) alors que Kinshasa a d’énormes besoins de crédits pour reconstruire un pays, laissé à l’abandon, par le régime déchu du maréchal Mobutu Sese Seko.

Sentiments ambigus

En outre, une conférence des «amis du Congo», à laquelle participeront, notamment, des francophones doit se réunir début décembre à Bruxelles, afin de rassembler des fonds pour la reconstruction.
Les opposants au retrait jugeaient également inutiles de froisser les pays africains francophones ainsi que des partenaires comme le Canada et la Belgique, en réduisant la francophonie à un simple outil du «néocolonialisme français».
L’annonce du départ de l’institution, motivée essentiellement par la rancœur du nouveau gouvernement envers la France, à qui il reproche son soutien au maréchal Mobutu, témoigne également des sentiments ambigus du chef de l’Etat envers Paris.

M. Kabila se lance régulièrement dans des déclarations à l’emporte-pièce contre la politique africaine de la France, mais tout aussi régulièrement, il prend soin de ménager Paris.

C’est ainsi qu’il a déclaré mercredi: «Je pense que la France est amie du Congo, parce que le Congo n’a jamais fait du mal à la France. Je ne crois pas que la France ait des raisons de lui faire du mal en sabotant les travaux» de la conférence de Bruxelles.

Outre ces considérations diplomatiques, des raisons de politique intérieure ont motivé le virage de Kinshasa. La population de la capitale avait été très partagée à l’annonce du retrait de la francophonie, alors que la question linguistique est un thème sensible à Kinshasa depuis l’arrivée au pouvoir de M. Kabila et de ses alliés, venus de l’est, à plus de 1.500 kilomètres.
Certains d’entre eux, notamment des militaires, ne s’expriment qu’en swahili, alors que la langue commune des cinq millions de Kinois est le lingala.
Surtout, M. Kabila a semblé vouloir tenir compte des réticences des milieux intellectuels, notamment les enseignants et les étudiants, inquiets d’une rupture de la coopération avec la francophonie.
Alors que la rentrée universitaire vient d’avoir lieu et que l’université vit dans l’indigence, le chef de l’Etat semble ne pas avoir voulu risquer de s’aliéner la bouillonnante université congolaise. (AFP)
Le revirement de Kinshasa, mercredi, sur le retrait de la RDC de la francophonie, illustre les hésitations de la diplomatie du président Laurent-Désiré Kabila et témoigne d’un vif débat au sein du pouvoir sur l’opportunité d’une telle décision.La presse kinoise qualifie jeudi de «surprise» l’affirmation, par le président de la République démocratique du Congo (RDC, ex-Zaïre) lors d’une conférence de presse, que son pays «n’a pas quitté la francophonie jusqu’à maintenant».«Le week-end dernier, les médias officiels avaient annoncé le retrait de la RDC de la francophonie», rappelle le journal «Le Phare». Ce retrait avait été confirmé et justifié, dimanche, par le porte-parole du gouvernement et ministre de l’Information, Raphaël Ghenda, alors que se tenait à Hanoi le sommet de la...