«L’expansion de la présence juive est la bonne riposte au terrorisme», a affirmé le directeur exécutif d’Ateret Cohanim, M. Yossi Baumol.
«La solution est que des juifs achètent encore des maisons arabes (...) afin que nous vivions dans la paix et la tranquillité», a-t-il affirmé.
Un étudiant-colon d’un séminaire talmudique d’Ateret Cohanim a été tué dans la nuit par un ou deux Palestiniens, embusqués dans l’une des ruelles tortueuses de la vieille ville. Un autre étudiant a été gravement atteint.
C’est la première fois qu’une attaque à l’arme automatique a lieu dans la vieille ville, ceinte de remparts, depuis plus de dix ans. La situation était très tendue jeudi et la police israélienne a renforcé son dispositif.
Ateret Cohanim, un groupe religieux à l’idéologie ultra-nationaliste fondé en 1978, et d’autres associations similaires, ont acheté ces dernières années, à coups de millions de dollars fournis notamment par des juifs américains, une quarantaine de maisons dans le quartier musulman de la vieille ville.
Les acheteurs, qui utilisent divers intermédiaires et hommes de paille, jouissent du soutien des autorités israéliennes. Ils offrent aux habitants palestiniens des sommes tellement élevées par rapport à leurs maigres revenus qu’ils n’ont pas trop de difficultés à trouver des vendeurs, en dépit des menaces de mort qui pèsent sur eux.
Le cas de Ras
el-Amoud
La vente de biens immobiliers à des colons est en effet considérée comme un acte de haute trahison au sein de la population palestinienne. Au moins trois Palestiniens ont été assassinés cette année parce qu’ils avaient conclu des transactions immobilières avec des juifs.
Ateret Cohanim a également acheté des maisons en dehors de la vieille ville: une douzaine dans le quartier arabe de Silwan, en contrebas des remparts, et, en septembre dernier, une habitation à Ras el-Amoud, près du Mont des oliviers.
L’occupation de la maison de Ras el-Amoud a suscité de vives protestations des Palestiniens et la réprobation de la communauté internationale, à un moment où le processus de paix est bloqué notamment en raison de la colonisation juive des territoires occupés.
D’après la police israélienne, les colons ont acheté des dizaines d’autres maisons à Jérusalem-Est mais ne les ont pas encore occupées pour l’instant.
«La vie juive continuera à s’épanouir dans la vieille ville», a assuré M. Baumol.
«A chaque fois qu’il y a une attaque, nous devons prendre possession de deux ou trois autres maisons. De cette façon, ils (les Arabes) comprendront que ces attaques sont contre-productives, et ils arrêteront», a poursuivi le directeur d’Ateret Cohanim.
Depuis la conquête et l’annexion de Jérusalem-Est en 1967, Israël considère que l’ensemble de la ville est sa capitale «indivisible», ce qui n’est pas reconnu par la communauté internationale.
Les Palestiniens, quant à eux, prévoient d’établir dans le secteur arabe de la ville la capitale de l’Etat qu’ils veulent édifier. (AFP)

