Constituée au début du second mandat de Bill Clinton il y a moins d’un an, cette équipe comprend notamment le secrétaire d’Etat Madeleine Albright — actuellement en tournée en Asie — le conseiller du président pour les affaires de sécurité nationale Sandy Berger, et le secrétaire à la Défense William Cohen.
Mme Albright et M. Berger ont déjà eu l’occasion d’affronter le président irakien Saddam Hussein lors du premier mandat du président Clinton, la première alors qu’elle était ambassadrice américaine à l’ONU, le second en tant que conseiller adjoint pour la sécurité nationale.
Pour M. Cohen, ancien sénateur républicain, il s’agit d’une première.
Mais depuis le début de la crise, alors que la France et la Russie ont réaffirmé leur hostilité à toute intervention militaire contre l’Irak, les conseillers du président Clinton semblent surtout s’être querellés sur l’opportunité de tendre une «carotte» à Bagdad pour sortir de la crise.
Lundi, un responsable du département d’Etat accompagnant le secrétaire d’Etat Madeleine Albright au Pakistan, laissait entendre que les Etats-Unis seraient prêts à faire de «modestes ajustements» au programme «pétrole contre nourriture» de l’ONU afin d’encourager Bagdad à coopérer avec les experts de la commission chargée de superviser le désarmement irakien (UNSCOM).
Quelques heures plus tard, le secrétaire à la Défense le contredisait sèchement. Saddam Hussein «doit se mettre en conformité (avec les résolutions du Conseil de Sécurité) et il ne doit y avoir ni compensation ni carotte offerte dans le but de l’inciter à faire ce que, juridiquement, il est obligé de faire», déclarait le chef du Pentagone.
Sur les conseils de M. Cohen, M. Clinton a décidé mardi de renforcer la présence militaire américaine dans le Golfe, avec l’envoi d’avions supplémentaires. Le porte-avions George Washington, à la tête d’un groupe de quatre autres navires de guerre, fait route vers la région. Il devrait y rejoindre mercredi le porte-avions Nimitz, qui emmène une puissante flottille de 17 navires.
L’équipe du président Clinton tente également, en vain pour l’instant, de ressouder la coalition internationale emmenée par les Etats-Unis lors de la guerre du Golfe.
Mais de ces anciens alliés, seule la Grande-Bretagne s’est pour l’heure dite favorable à une solution militaire.
L’Arabie Séoudite, favorable à une issue diplomatique, n’a pas indiqué si elle autoriserait le cas échéant les avions américains à décoller de son territoire pour aller bombarder l’Irak. La Turquie a fait savoir qu’une telle décision revenait à son Parlement.
Même le Koweït, libéré de l’invasion irakienne grâce à la coalition emmenée par les Etats-Unis en 1991, a refusé que son pays serve de base à des frappes aériennes contre l’Irak. (AFP)

