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Actualités - Chronologie

Bruxelles en passe de devenir la capitale mondiale du Lobbying

Il y a des jours où les lobbyistes sont plus nombreux que les députés dans les couloirs du Parlement européen. Et pour cause: Bruxelles est devenue la deuxième concentration des groupes de pression dans le monde après Washington et pourrait bien la dépasser.
Les chiffres prévisionnels des groupes immobiliers bruxellois traduisent l’ampleur du phénomène. Le chiffre actuel de 4.000 bureaux de représentation d’intérêts, regroupant les consultants, cabinets d’avocats et autres groupes de pression, devrait passer à 10.000 d’ici 5 à 10 ans.
Au total, 9.000 personnes vivent à plein temps du lobbying dans la capitale belge. Dans dix ans, ils devraient être 25.000, selon les professionnels du secteur, qui relèvent que le nombre des fonctionnaires européens (19.000) n’évoluera de son côté que faiblement.
«Bruxelles pourrait bien dépasser Washington d’ici 5 ans», estime Frank Van Oss, secrétaire général de la Fédération européenne du lobbying et Public Affairs (FELPA) qui regroupe les professionnels du secteur.
Les acteurs privés, entreprises, syndicats et associations n’ont aucun doute: les pouvoirs de l’UE se renforcent chaque jour et il leur faut se regrouper de plus en plus pour assurer la défense efficace de leurs intérêts.
Les groupements patronaux tiennent le haut du pavé, l’environnement de leur activité étant susceptible d’être modifié par chaque texte européen. L’Union des confédérations de l’industrie et des employeurs d’Europe (UNICE) est le porte-parole le plus connu des milieux d’affaires européens.
On trouve par ailleurs des intervenants de toute nature, à l’instar de la Protection mondiale des animaux de ferme (PMAF) qui défend ses intérêts au même titre, mais dans un autre registre, que les constructeurs européens d’automobiles (ACEA).
En plus d’être organisés et de bien connaître les arcanes des structures communautaires, les groupes d’intérêt bénéficient de la complexité et du juridisme des procédures un vigueur au sein de l’UE.
Par leur savoir-faire, les lobbyistes sont en effet devenus incontournables pour les services européens. La Commission européenne estime ainsi qu’ils apportent à son administration l’information nécessaire pour élaborer les deux tiers des textes législatifs qu’elle élabore chaque année.
Le lobbying est aussi une technique qui s’enseigne. C’est l’objectif de l’Institut européen des affaires publiques et du lobbying (EIPAL) qui vise, selon son président Christian Le Clerq, à «enseigner les méthodes et les outils de lobbying». 35 des 50 enseignants sont des fonctionnaires européens, ce qui témoigne de la quasi-institutionnalisation du phénomène.
La profession possède néanmoins des contours relativement flous qui laissent place à un certain nombre de dérives.
Franz Fischler, commissaire européen à l’Agriculture, en fournit un exemple lorsqu’il déclarait en septembre que des «sociétés de consulting ont fait fortune en vendant aux agriculteurs des programmes informatiques pour leur permettre de tirer un maximum de subventions de Bruxelles». (AFP)
Il y a des jours où les lobbyistes sont plus nombreux que les députés dans les couloirs du Parlement européen. Et pour cause: Bruxelles est devenue la deuxième concentration des groupes de pression dans le monde après Washington et pourrait bien la dépasser.Les chiffres prévisionnels des groupes immobiliers bruxellois traduisent l’ampleur du phénomène. Le chiffre actuel de 4.000 bureaux de représentation d’intérêts, regroupant les consultants, cabinets d’avocats et autres groupes de pression, devrait passer à 10.000 d’ici 5 à 10 ans.Au total, 9.000 personnes vivent à plein temps du lobbying dans la capitale belge. Dans dix ans, ils devraient être 25.000, selon les professionnels du secteur, qui relèvent que le nombre des fonctionnaires européens (19.000) n’évoluera de son côté que faiblement.«Bruxelles...