Les passants d’Oxford Street, à Londres, n’oublieront pas le 18 octobre 1997. Ce jour-là, Mme Bowie s’est transformée en mannequin vivant dans une vitrine de chez Selfridges.
Nom: Bowie; prénom: Iman; profession: mannequin recyclé dans les produits cosmétiques. Que l’on n’y trompe pas, elle fut la première «panthère noire»; bien avant Naomi Campbell ou Tyra Banks. Aujourd’hui, podium, haute couture, jet set, amours tumultueuses, tout cela appartient au passé. La belle s’est reconvertie dans le business. Lequel? Celui des cosmétiques, bien entendu, après un (trop) bref passage devant la caméra pour notamment «Out of Africa» avec Robert Redford, «No Way Out» avec Kevin Costner – excusez du peu...
Sur le marché depuis quelque temps: cent trente-deux poudres, fonds de teint et autres fards, tous destinés aux femmes de couleur.
Pour annoncer l’évènement, Mme Bowie frappe fort et s’expose en personne, simplement vêtue d’une guêpière noire, de jarretelles, de bas et de manchons de fourrure, dans l’une des vitrines du magasin Selfridges, à Londres. Une façon très glamour de faire la promotion de son label et de prouver que sa silhouette de rêve est toujours aussi parfaite. Même si elle emprunte à la chirurgie plastique. Ce qu’elle ne cache d’ailleurs pas: «Mes gros seins sont faux... et alors? David et moi, nous les adorons. Depuis qu’ils ont doublé de volume, il m’offre plein de merveilleux dessous affriolants. Un vrai délice!»
Charmante frivolité, qu’elle assume complètement. Car, en 1983, sa vie a failli basculer. Alors qu’elle rentre chez elle après avoir passé une nuit folle au Studio 54 à New York, en compagnie de Mick Jagger, Jerry Hall et Andy Warhol, son taxi percute le trottoir. Elle est violemment projetée contre la vitre qui la sépare du chauffeur: «Je n’étais qu’une plaie béante, couverte de sang... tous les os de mon visage étaient visibles», se souvient-elle.
A peine la nouvelle est-elle diffusée sur les ondes des radios new-yorkaises que tous les plasticiens chics du moment se lancent dans une chasse à la «femme défigurée». «J’étais devenue le marché à emporter. Vous imaginez le coup de pub pour eux!».
C’est sur un illustre inconnu qu’elle arrête son choix. «Il m’a glissé une prothèse sous la pommette, m’a recousu la joue, le front, le menton et le cou et n’a jamais cherché à profiter de ma célébrité. Après cet accident, j’ai pris conscience de ce qui était vraiment essentiel. j’en suis sortie meilleure, plus ouverte aux autres.»

