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Actualités - Chronologie

Au Vietnam : les juniors ou les anciens



Face au rouleau compresseur de l’anglais, langue des affaires et du «rêve américain», le français résiste encore au Vietnam, mais essentiellement aux deux extrémités de la pyramide des âges, chez les plus de 60 ans et les jeunes. Dans les deux cas avec une certaine ferveur.

Largement répandu pendant l’ère coloniale auprès de l’élite mandarinale et des agents de l’administration, puis mis à l’écart au profit du russe et du chinois, le français est aujourd’hui une langue très minoritaire, pratiquée par un demi-million de Vietnamiens, dont 50.000 seulement couramment, sur 76 millions d’habitants.
«Le français est resté chez la vieille garde de plus de 60 ans qui a une vraie culture francophone», explique Hoang Ngoc Hien, écrivain de 67 ans qui incarne cette génération de lettrés montrant un attachement émouvant au français, les lecteurs de Stendhal, Apollinaire ou Sartre en version originale.
Comme beaucoup d’hommes de sa génération, M. Hien est tombé dans le français quand il était tout petit. «J’ai commencé à l’apprendre à quatre ans, dans ma famille on était tous francophone», explique-t-il. Je pense en français et si je ne lis rien en français pendant deux ou trois mois, ma pensée s’assèche».
Pharmacien d’une soixantaine d’années, Nguyen Xuan Thu met parfois son trilinguisme au service d’un grand groupe français basé à Hanoi. «Je parle le français par plaisir, mais aussi l’anglais, par nécessité», dit-il. Avec le recul du français dans le système scolaire, des professeurs ont dû ces dernières années se reconvertir, la mort dans l’âme, à l’enseignement de l’anglais.
Car dans le Vietnam du «doi moi» (renouveau économique) l’anglais est devenu incontournable. Mais les classes bilingues mises en place depuis 1994 par l’Aupelf-Uref (Agence francophone pour l’enseignement supérieur et la recherche) pourraient donner un second souffle au français, car il mise sur la jeunesse vietnamienne.

Un plus

Quelque 15.000 élèves vietnamiens sont inscrits dans 515 classes bilingues où une partie de l’enseignement se fait en français et 125 nouvelles classes sont créées chaque année. Les premiers bacheliers arriveront dans deux ans. Dans le supérieur, 5.000 étudiants sont inscrits dans 47 filières francophones ou, après deux ans de français, des matières comme la médecine, le droit, la gestion, les sciences ou le génie mécanique sont enseignées exclusivement en français.
L’objectif est de créer une future élite qui maîtrise totalement le français et d’atteindre le seuil de 5% des bacheliers francophones et 5% d’étudiants en université francophone. «Là nous pensons que la francophonie aura la masse critique pour s’enraciner durablement au Vietnam», déclare Albert Lourde, directeur du bureau Asie de l’Aupelf-Uref. Il insiste sur l’impérieuse nécessité pour le français de «déboucher sur l’emploi».
«Les Vietnamiens se battent pour faire entrer leurs enfants dans nos écoles, poursuit-il. Nous avons sept demandes pour une place en classe bilingue et dix pour une filière francophone universitaire». Les classes sont de 30 élèves en moyenne, contre parfois 70 ou 80 dans un système vietnamien sursaturé, les enfants sont très encadrés, ont des manuels, et même des CD-ROM.
Mais ces jeunes sont aussi formés à l’anglais, même si ce n’est qu’après le français. «A compétence égale, j’embauche un Vietnamien anglophone, avoue un homme d’affaires français basé à Hanoi. Le français, ce n’est qu’un plus».
Un quotidien et deux mensuels sont publiés en français au Vietnam ou foisonnent des centaines de publications, tandis que la radio et la télévision diffusent des bulletins quotidiens dans la langue de Molière. (AFP)
Face au rouleau compresseur de l’anglais, langue des affaires et du «rêve américain», le français résiste encore au Vietnam, mais essentiellement aux deux extrémités de la pyramide des âges, chez les plus de 60 ans et les jeunes. Dans les deux cas avec une certaine ferveur.Largement répandu pendant l’ère coloniale auprès de l’élite mandarinale et des agents de l’administration, puis mis à l’écart au profit du russe et du chinois, le français est aujourd’hui une langue très minoritaire, pratiquée par un demi-million de Vietnamiens, dont 50.000 seulement couramment, sur 76 millions d’habitants.«Le français est resté chez la vieille garde de plus de 60 ans qui a une vraie culture francophone», explique Hoang Ngoc Hien, écrivain de 67 ans qui incarne cette génération de lettrés montrant un attachement...