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Actualités - Chronologie

Les français au Canada : attention, fragile

Le français est parlé par un nombre croissant de gens au Canada, bilinguisme officiel aidant, mais la francophonie, très active au Québec et dans la région acadienne du Nouveau-Brunswick, s’essouffle dans tout le reste du pays.
Plus de 8,5 millions de Canadiens, dont 6,5 millions de francophones, parlent quotidiennement le français ou peuvent s’exprimer dans cette langue. Le bilinguisme anglais-français est officiellement en vigueur dans les institutions fédérales depuis quelque trente ans, là du moins «où le nombre le justifie». La notion est sujette à toutes les interprétations, puisque dans certaines régions, comme au Manitoba où ils sont pourtant quelque 50.000, des francophones déplorent avoir encore toutes les peines du monde à obtenir dans les bureaux du gouvernement un interlocuteur qui parle leur langue.
Les écoles d’immersion, où l’enseignement se fait partiellement ou totalement en français, connaissent un engouement qui ne se dément pas et sont fréquentées par plus de 400.000 jeunes anglophones. Près de deux millions de Canadiens non-francophones peuvent s’exprimer en français.
Alors même que les jeunes anglophones se mettent au français, les francophones ont vu leur poids démographique dans le pays diminuer, de 29% de la population en 1951 à 25% au recensement fédéral de 1991.
Le poids de la francophonie décroît au contact de l’anglais. Près d’un million de Canadiens vivant hors du Québec, soit 4,8% de la population canadienne, se sont déclarés de langue maternelle française au recensement de 1991. Plus du tiers, minoritaires dans un univers anglo-saxon, ne parlaient pas cette langue à la maison.

Penser en anglais

L’assimilation fait des dégâts partout, surtout dans l’Ouest, où les francophones sont moins de 200.000, répartis dans des îlots plus ou moins menacés. En Saskatchewan, on recensait il y a vingt ans une trentaine de villages où la vie se déroulait en français, il n’y en a plus que dix. «Les jeunes «attrapent» plus rapidement l’anglais qu’ils n’apprennent le français, déplorait récemment une mère de famille, ajoutant que ses enfants parlaient encore le français, mais pensaient en anglais». Même aux portes du Québec, dans les provinces voisines du Nouveau-Brunswick (est) ou de l’Ontario (ouest), où vivent les deux tiers de ces francophones «hors Québec», l’assimilation est une réalité.
En Ontario, la province la plus peuplée, les francophones sont plus d’un demi-million, soit 5% de la population. Ils ont obtenu des gouvernements de la province que certains de leurs droits soient reconnus, mais jamais sans bataille. Rien ne semble jamais vraiment acquis: le gouvernement conservateur de l’Ontario, au nom de la lutte contre le déficit, vient de décider que l’hôpital Montfort d’Ottawa, le seul hôpital fonctionnant exclusivement en français à l’ouest du Québec, n’assurerait plus de «services essentiels».
Pour tous les francophones «hors Québec», le Nouveau-Brunswick apparaît comme la seule autre province où tous les espoirs sont encore permis. C’est aussi la seule qui ait adopté le bilinguisme officiel et s’efforce de le promouvoir. Les 244.000 Acadiens (34% de la population) semblent, au terme d’un long combat, en voie d’endiguer, voire de renverser, le processus de leur assimilation. Des affiches seulement en français commencent à faire leur apparition, et l’université francophone de Moncton compte 8.000 étudiants.
Reste le Québec, bastion de la francophonie et seule province où le pourcentage de la population dont le français est la langue d’usage (83%, soit 5,6 millions de personnes) est supérieur à celui des francophones de souche. Depuis l’adoption il y a vingt ans d’une loi pour protéger le français, la tendance favorise la généralisation de cette langue. Même les immigrants, qui avaient tendance à apprendre d’abord l’anglais, sont plus nombreux désormais à connaître le français. (AFP)
Le français est parlé par un nombre croissant de gens au Canada, bilinguisme officiel aidant, mais la francophonie, très active au Québec et dans la région acadienne du Nouveau-Brunswick, s’essouffle dans tout le reste du pays.Plus de 8,5 millions de Canadiens, dont 6,5 millions de francophones, parlent quotidiennement le français ou peuvent s’exprimer dans cette langue. Le bilinguisme anglais-français est officiellement en vigueur dans les institutions fédérales depuis quelque trente ans, là du moins «où le nombre le justifie». La notion est sujette à toutes les interprétations, puisque dans certaines régions, comme au Manitoba où ils sont pourtant quelque 50.000, des francophones déplorent avoir encore toutes les peines du monde à obtenir dans les bureaux du gouvernement un interlocuteur qui parle leur langue.Les...