Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Le sommet de la francophonie placé sous le signe de l'économie

Le sommet de la francophonie qui s’ouvre vendredi à Hanoi innove par rapport aux précédentes éditions: c’est le premier à se tenir en Asie et il aura une dimension politique et économique nouvelle, à un moment où les 49 pays ou gouvernements membres tentent d’affirmer d’autres ambitions.
Dans une Asie dynamique en dépit des fortes turbulences monétaires actuelles, le français est extrêmement minoritaire et laminé par la langue des affaires qu’est l’anglais, même si des efforts sont déployés pour le relancer dans les pays de l’ancienne Indochine (Vietnam, Cambodge, Laos), tous trois membres du mouvement francophone. La décision de déplacer un sommet en Asie relève du souci d’ouvrir une nouvelle frontière à la francophonie.
«On rend ainsi la francophonie plus complexe, plus riche», estime l’ambassadeur de France au Vietnam, Serge Degallaix. Le fait que ce sommet se tienne en Asie «montre l’attractivité de la francophonie, qui n’est plus seulement concentrée sur l’Afrique, quelques pays d’Europe occidentale, le Canada et le Quebec, mais s’est aussi ouverte récemment aux pays d’Europe de l’Est», ajoute-t-il.
Ce sommet sera placé sous le signe de l’économie. Comme il se doit, le pays hôte en a choisi le thème et Hanoi a opté pour celui du «renforcement de la coopération et de la solidarité francophone pour la paix et le développement économique et social».
Thème très consensuel, ont déclaré certains diplomates, car tout pays, francophone ou non, souhaite développer ses échanges économiques.

Nouvel élan

Un thème de débat dont personne non plus ne sait sur quoi il peut déboucher pratiquement au sein d’un mouvement rassemblant des groupes géographiques aussi éloignés les uns des autres et des pays au niveau de développement si disparate. Le plus gros PIB par tête de la francophonie, qui revient au Luxembourg avec 28.000 dollars, devant la France (26.600 dollars) est sans commune mesure avec le plus petit, celui du Burundi (150 dollars).
A propos de la dimension économique de la francophonie, le secrétaire d’Etat français à la Coopération Charles Josselin avait averti lors de son récent passage à Hanoi qu’«il ne saurait s’agir de créer un espace économique francophone qui viendrait percuter l’Organisation mondiale du commerce».
A l’heure de la mondialisation, le thème économique relève d’une approche plus pragmatique, alors que le mouvement francophone souhaite donner de lui une image de modernité après avoir pu paraître s’enliser dans des débats institutionnels.
«Le sommet de Hanoi imprimera un nouvel élan à notre mouvement, lui assurera la modernité, le dynamisme qui lui manquent pour relever les défis du XXIe siècle», annonçait récemment le Vietnamien Trinh Duc Du, président du Conseil permanent de la francophonie.
«Au sommet de Hanoi, nous souhaitons innover, poursuivait-il. Nous allons adopter une nouvelle approche, nous ferons une déclaration solennelle et un véritable plan d’action, comme cela se fait dans les grandes conférences internationales».
Avec la désignation d’un secrétaire général de la francophonie, selon toute logique l’Egyptien Boutros Boutros-Ghali, le mouvement aura aussi un «porte-parole politique» qui saura faire passer le message de la francophonie dans les instances internationales.
Après le sommet de Cotonou de 1995, les pays francophones avaient tenté de renforcer leurs instances institutionnelles, faisant un premier pas vers une expression politique de la francophonie, un mouvement encore jeune et auquel le sommet de Hanoi devrait permettre de mieux prendre ses marques. (AFP)
Le sommet de la francophonie qui s’ouvre vendredi à Hanoi innove par rapport aux précédentes éditions: c’est le premier à se tenir en Asie et il aura une dimension politique et économique nouvelle, à un moment où les 49 pays ou gouvernements membres tentent d’affirmer d’autres ambitions.Dans une Asie dynamique en dépit des fortes turbulences monétaires actuelles, le français est extrêmement minoritaire et laminé par la langue des affaires qu’est l’anglais, même si des efforts sont déployés pour le relancer dans les pays de l’ancienne Indochine (Vietnam, Cambodge, Laos), tous trois membres du mouvement francophone. La décision de déplacer un sommet en Asie relève du souci d’ouvrir une nouvelle frontière à la francophonie.«On rend ainsi la francophonie plus complexe, plus riche», estime...