«Si la vente a été une réussite, c’est à cause du nom de Ganz», a commenté à l’issue des enchères Christopher Burge, président de Christie’s USA et commissaire priseur de la soirée.
«C’était un événement très spécial, (...) une collection très spéciale de collectionneurs très spéciaux», a-t-il souligné.
Victor et Sally Ganz, décédés respectivement en 1987 et 1997, «avaient eu une grande importance pour les collectionneurs et les artistes de ce pays», a souligné M. Burge, qui fut un de leurs proches.
«Il y a deux ans, «Le Miroir» (de Picasso) s’est vendu juste en dessous de 20 millions», soulignait un marchand d’art sous couvert d’anonymat. «Le marché va bien, mais pas à ce point», estimait-il.
«Je ne pourrais vous dire que demain soir (à l’issue de la première soirée d’enchères «normale») si le marché est aussi solide que je l’espère», a encore déclaré M. Burge.
La vente de la collection Ganz s’est déroulée dans une atmosphère qui rappelait les temps forts du marché de l’art, à la fin des années 1980.
Mis à prix 20 millions de dollars, «Le Rêve», un portrait de Marie-Thérèse Walter peint par Picasso en 1932, a immédiatement été surenchéri à 25 millions, et en moins d’une minute il avait atteint 34 millions.
Un anonyme a finalement emporté pour 48.402.500 dollars cette toile estimée 30 millions, à l’issue d’une bagarre avec deux autres acheteurs.
Les prix tiennent compte de la commission de la maison d’enchères, 15% jusqu’à 50.000 dollars et 10% au-delà, ce qui n’est pas le cas des estimations.
Le record pour un Picasso aux enchères est toujours détenu par «Les Noces de Pierrette», adjugé 51,67 millions de dollars en 1990 à Paris.
Les Ganz avaient dépensé environ 2 millions de dollars en cinquante ans pour constituer leur «accumulation», selon leur expression.
115 de leurs œuvres, qui étaient estimées au total 140 millions de dollars, doivent être dispersées au cours des deux semaines d’enchères d’automne new-yorkaises.
Le cœur de la collection, soit les 58 œuvres de plus grande valeur, estimées au total 125 millions de dollars, a aussi été mis aux enchères. 57 ont trouvé preneur.
«Femme assise dans un fauteuil (Eva)», un Picasso de 1913, a été adjugé 24.752.500 dollars (estimation: entre 15 et 20 millions) et «Chat à l’oiseau», un autre Picasso, a été adjugé 8.252.500 dollars (estimation entre 6 et 7 millions).
«Les Femmes d’Alger» (version «O»), l’un des quinze tableaux de la série peinte par Picasso en 1955 en hommage à Delacroix, a été adjugé 31.902.500 dollars. Les versions «H», estimée entre 6 et 8 millions de dollars, «M» et «K», des grisailles estimées chacune entre 4 et 5 millions, ont été adjugées respectivement 7.152.500 dollars, 11.002.500 dollars et 7.262.500 dollars.
«Nu couché», également du maître catalan, est parti pour 14.522.500 dollars (estimation entre 4 et 6 millions), et «Le Marin» pour 8.802.500 dollars (estimation entre 4,5 et 6 millions).
Deux Jasper Johns se sont très bien vendus: «Corpse and Mirror» a réalisé 8.362.500 dollars (estimation: entre 3,5 et 4,5 millions) et «White Numbers» 7.922.500 dollars (estimation: entre 5 et 6 millions).
La seule déception est venue de la mévente de «Rigger», un Robert Rauschenberg de 1961 estimé entre 3 et 4 millions de dollars qui fut retiré des enchères à 2,4 millions. (AFP)


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