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Actualités - Chronologie

Les belles de l'est détrônent les asiatiques dans l'enfer de la prostitution

Partie ramasser des pommes pour un très bon salaire, une jeune Ukrainienne se retrouve dans une maison close en Turquie sans contact avec l’extérieur, sans papiers, sans espoir de s’en sortir: ce cas est devenu fréquent dans les pays de l’ex-URSS où le trafic de femmes est devenu plus important qu’en Asie.
«La jeune Ukrainienne avait 18 ans. Elle est revenue neuf mois plus tard enceinte, sa vie brisée», raconte Olga Schved, responsable d’une des rares associations de Kiev qui recueille les jeunes filles de retour.
Une centaine de représentants d’organisations non-gouvernementales russes, américaines et hollandaises, de l’ONU ainsi que des responsables du gouvernement russe ont appelé ONG et autorités publiques du monde entier à collaborer pour lutter plus efficacement contre le développement de ce fléau dans les anciennes républiques soviétiques, lors d’une conférence à Moscou.
«Des dizaines de milliers de Russes, Ukrainiennes, Lettones et Bélarusses sont victimes de ce trafic qui dépasse à présent celui des pays asiatiques», estime l’Américaine Gillian Caldwell, de Global Survival Network, un des organisateurs de la conférence.
Les prostituées venues de l’Est ont inondé les marchés, insiste Marjan Wajers d’une fondation hollandaise contre le trafic de femmes qui accueille désormais 80% de victimes en provenance de ces pays.
Les raisons de cette explosion sont avant tout économiques, dans des pays en transition: la traite des femmes rapporte quelque 7 milliards de dollars par an aux groupes criminels sur tout le globe, selon un rapport des Nations Unies.
Dans certains pays, dont la Russie, les organisations suspectent la police de recevoir des pots-de-vin pour fermer les yeux sur ces activités illicites.
Sur la grande rue Tverskaïa, en plein centre de Moscou, de jeunes Russes avouent payer chaque soir la police du quartier pour éviter tout contrôle, raconte Steven Galster, de Global Survival Network.

Exportation

Dans un film, réalisé en cachette par M. Galster à l’issue d’une enquête de deux ans, le directeur d’une société de gardiennage moscovite propose de couvrir «l’exportation de jeunes femmes» en assurant qu’il n’y aura aucun problème avec d’autres groupes mafieux ou la police.
Galster raconte que dans l’entrée se trouvait un officier des forces de l’ordre. «Nous avons de très forts soupçons que la police est mêlée à ces trafics», explique-t-il.
«Nos sources dans la police russe ont reconnu que la corruption était trop importante dans leurs structures pour pouvoir faire quelque chose: les ordres doivent venir d’en haut», rapporte M. Galster.
«Mais (le président russe Boris) Eltsine fait des promesses et on n’en voit pas le résultat», regrette Mme Caldwell.
Les victimes ont entre 16 et 40 ans et rêvent d’une vie meilleure. Elles acceptent de se séparer de leur famille pour un travail à l’étranger, comme «escorte», danseuse, serveuse ou jeune fille au pair, raconte Mme Wajers.
La plupart du temps, ces jeunes femmes se retrouvent sous le contrôle d’un souteneur qui leur fait payer très cher le voyage et le passeport qu’il garde pour empêcher tout désir de fuite. Au besoin, il les menacera de violenter leur famille restée dans le pays d’origine.
«Certaines savent bien qu’elles vont se prostituer mais ne réalisent pas qu’elles seront privées de leurs droits les plus stricts comme se déplacer», s’inquiète Mme Wajers.
«Il faut agir maintenant et mettre en place des lois ainsi que des structures d’accueil pour celles qui ont la chance de revenir de leur enfer», explique-t-elle. (AFP).
Partie ramasser des pommes pour un très bon salaire, une jeune Ukrainienne se retrouve dans une maison close en Turquie sans contact avec l’extérieur, sans papiers, sans espoir de s’en sortir: ce cas est devenu fréquent dans les pays de l’ex-URSS où le trafic de femmes est devenu plus important qu’en Asie.«La jeune Ukrainienne avait 18 ans. Elle est revenue neuf mois plus tard enceinte, sa vie brisée», raconte Olga Schved, responsable d’une des rares associations de Kiev qui recueille les jeunes filles de retour.Une centaine de représentants d’organisations non-gouvernementales russes, américaines et hollandaises, de l’ONU ainsi que des responsables du gouvernement russe ont appelé ONG et autorités publiques du monde entier à collaborer pour lutter plus efficacement contre le développement de ce fléau dans...