En Europe, la Grande-Bretagne attirera les regards avec la publication des chiffres de l’inflation tandis qu’en Allemagne ce seront les prévisions de recettes fiscales du gouvernement qui seront attendues avec une attention toute particulière.
Pour Julian Fisher, économiste de Daiwa Europe à Londres, le marché ne croit guère à une hausse des taux Outre-Atlantique en raison de l’extrême volatilité des places boursières internationales.
«Mais on ne peut totalement écarter une telle éventualité (...) notamment au vu du taux de chômage qui a baissé à 4,7% et des inquiétudes concernant les contraintes sur les capacités et les pressions inflationnistes», explique-t-il.
Vendredi, le département américain du travail a annoncé la création de 284.000 emplois en octobre, un chiffre supérieur au consensus des analystes (202.000) et une baisse du taux de chômage à son plus bas niveau depuis octobre 1973, mois au cours duquel il se situait a 4,6%.
Le comité de politique monétaire de la FED (FOMC) se réunit mercredi. Les chiffres des ventes de détail du mois d’octobre et les prix à la production seront publiés vendredi.
En Grande-Bretagne, les prix producteurs du mois d’octobre seront divulgués lundi, les prix de détail mardi et les chiffres de l’emploi et le rapport sur l’inflation de la Banque d’Angleterre mercredi. Toutes ces statistiques seront examinées à la loupe afin de tenter de déterminer si la banque centrale britannique relèvera encore les taux.
La Banque d’Angleterre a relevé jeudi ses taux d’intérêt de 25 points de base à 7,25%, pour la cinquième fois depuis mai.
«On attend de bons chiffres, les prix producteurs restent très maîtrisés et la hausse des prix de détail devrait ralentir», estime John Shepperd (Yamaichi International) dans un rapport d’étude.
La Bundesbank
Mais, ajoute-t-il, «aucun de ces éléments n’a beaucoup d’impact sur la position de la Banque et la hausse inattendue des taux anticipait clairement un mauvais rapport trimestriel sur l’inflation».
Au Japon, l’évolution des parités de change ne manquera pas d’intéresser au plus haut point les analystes compte tenu de la récente baisse de la devise nippone.
«Elle pourrait bien être à l’origine d’un accès de faiblesse du marché obligataire au Japon», déclare Julian Fisher.
L’étroitesse des liens entre les marchés boursiers de Tokyo, Hong Kong et les autres places asiatiques devrait également susciter bien des inquiétudes.
«Un nouvel accès de faiblesse engendrerait des craintes pour les banques et leur ratio engagements/fonds propres et l’éventualité de dégagements sur les fonds d’Etat nippons pour éponger les pertes latentes sur les portefeuilles d’actions», ajouté Julian Fisher.
La seconde phase des mesures budgétaires nippones, qui doit être dévoilée à la fin de la semaine, devrait comporter au moins un point concernant les dépenses dans le secteur des travaux publics, un élément qui joue contre les obligations.
En Europe le point d’attraction des marchés sera l’Allemagne qui annoncera mardi ses dernières estimations de recettes fiscales, note Gerlof de Vry (ABN-AMRO Hoare Govett).
«Nous avons tous entendu parler d’un manque à gagner de huit milliards de marks, en sus du déficit de 18 milliards annoncé en mai», déclare-t-il. «De la sorte le déficit se rapprocherait des 3,5% (du PIB)».
Les tensions entre l’Irak et les Etats-Unis ne manqueront pas non plus d’être suivies de près par les opérateurs attentifs à tout élément susceptible d’inquiéter les marchés. (Reuter)

