Cette découverte devrait permettre de percer l’un des mystères les plus épais sur lequel butaient obstinément depuis un demi-siècle les spécialistes du «phare» de notre système solaire, a précisé l’un des responsables de la mission pour la NASA, Joseph Gurman, au cours d’une conférence de presse.
Depuis les premières mesures de chaleur à la couronne du soleil, aucun élément n’avait en effet permis aux astronomes d’expliquer de façon convaincante pourquoi la température de la plus haute couche de l’atmosphère solaire frôlait les 2 millions de degrés Celsius, alors que celle de sa surface n’atteignait que 6.000 degrés.
«Nous avons maintenant la preuve directe qu’il existe un transfert d’énergie magnétique de la surface du soleil vers la couronne qui l’entoure», a pour sa part expliqué Alan Title, de l’université de Stanford à Palo Alto (Californie).
«Il y a largement plus d’énergie en provenance des vagues émises par cette couverture magnétique qu’il n’en faut pour porter la température de la couronne au niveau que nous connaissons, a ajouté le Dr. Title. Chacune de ces vagues émet autant d’énergie qu’un grand barrage hydroélectrique en un million d’années».
Les scientifiques ont pu identifier ce phénomène en observant, grâce aux images prises par SOHO, les modifications de la couronne à chacun des passages de ces vagues magnétiques.
Selon les données transmises par l’observatoire américano-européen d’étude du soleil, quelque 50.000 de ces vagues magnétiques sont émises simultanément à la surface du soleil. Elles ont une durée de vie qui ne dépasse pas 40 heures et réapparaissent ensuite à un endroit différent de la surface du soleil.
Reste maintenant à expliquer l’origine de ces vagues. «Il est très difficile de comprendre comment un phénomène aussi bref peut être généré par la principale source magnétique située à près de 200.000 kilomètres sous la surface du soleil», a indiqué Alan Title. «C’est peut-être la preuve qu’il se produit des manifestations que nous ignorons à la surface du soleil ou à sa proximité», selon lui.
Lancé en décembre 1995, SOHO est le fruit d’une coopération entre l’agence spatiale européenne (ESA), qui a conçu et réalisé le satellite, et la NASA, qui l’a lancé et assure la réception et le traitement de ses données. Positionné à 1,5 million de kilomètres au-delà de la Terre, il devrait continuer à fonctionner au moins jusqu’en l’an 2000. (AFP)

