Doyen de la Faculté de philosophie et des sciences humaines de l’USEK, le père Georges Hobeika a exposé hier, salle Georges Schéhadé, les grandes lignes méthodologiques et analytiques de son livre «Lessing, de la révélation à l’âge adulte de la raison», paru récemment aux Editions du Cerf (collection «Passages»).
Né en 1729 à Camenz, en Haute Lusace, Gotthold Ephraïm Lessing appartenait à une famille très fidèle à l’orthodoxie luthérienne. Son père et son grand-père maternel étant pasteurs, tout le destinait à perpétuer l’héritage spirituel de sa famille. Cependant, Lessing opte pour la carrière d’écrivain libre et se consacre avec passion à la recherche de la vérité. A une époque où la censure ecclésiastique luthérienne est très sévère, il a recours tantôt à l’hypocrisie, tantôt à l’anonymat, pour porter à la connaissance de ses lecteurs ce qu’il croit être utile pour leur formation intellectuelle et spirituelle. C’est lui qui édite pour la première fois les papiers les plus virulents de Reimarus contre la Bible. Bibliothécaire à Wolfenbüttel, il se considérait comme un botaniste à la recherche de «plantes» pour élargir l’éventail du savoir humain. Il meurt le 15 février 1781 à Brunswick.
«Comment rester indéfectiblement fidèle aux normes fondamentales de l’objectivité, tout en évitant l’alléchante illusion de croire pouvoir le faire en dehors du contrôle réprimant de la finitude qui est la nôtre?» C’est à cette question qu’a tenté de répondre le père Hobeika dans son ouvrage sur Lessing, «remueur d’idées», «provocateur professionnel des pensées», qui a «admirablement réussi à représenter un siècle où, en dépit de toutes les solennités organisées pour saluer l’avènement des «lumières» et marquer la chute du règne de l’«obscurantisme», la paix des certitudes restait encore une conquête extrêmement difficile».
Une réflexion pointue et un bel hommage à ce penseur, philosophe, théologien et pédagogue qui «avait une ouverture d’esprit exceptionnelle et cultivait à merveille l’art d’être à l’écoute de l’autre, qu’il soit de son siècle ou des siècles révolus»...

