Les sept minutes d’ovation debout, de la part d’une foule qui avait acheté en moins de deux heures les billets offerts gratuitement par les organisateurs, ont réussi à émouvoir le pilote d’ordinaire imperturbable.
Apparemment sans fausse humilité, Jacques Villeneuve s’est déclaré surpris de l’accueil que lui a réservé le public québécois.
«On m’avait prévenu après la course que c’était un peu la folie ici, mais tout ce que je fais c’est conduire une auto rapidement, c’est vrai que c’est un peu surprenant, mais ça fait chaud au cœur».
«Le soutien ailleurs dans le monde, c’est pas la même chose qu’ici», a-t-il ajouté. «Mes souches sont canadiennes, sont québécoises, et ça, ça ne changera jamais», a-t-il dit.
Vêtu comme à son habitude d’un T-shirt, d’une chemise négligemment déboutonnée et de jeans, Villeneuve a d’abord dû s’expliquer sur ses sentiments à l’égard de son père Gilles, décédé lors des essais du Grand Prix de Belgique en 1982. Il a dit avoir attendu un moment d’intimité après le Grand Prix d’Europe avant de lui consacrer une pensée.
«J’y ai pensé dès que j’ai été seul, parce que c’est quelque chose de très privé, de très personnel. C’est quelque chose de très important, mais c’est pas quelque chose que je partage avec n’importe qui.»
Villeneuve donnait ainsi le ton à la conférence de presse. Sur sa course, son métier, il se dévoile. Sur sa vie privée, qu’il préserve jalousement, il ne dit pas un mot.
Explications sur Jerez
Le pilote a reconnu que «le mot de Cambronne en plusieurs langues» lui était passé par la tête quand il avait compris que son rival Michael Schumacher essayait de le sortir de la course alors qu’il tentait le dépassement décisif qui allait lui valoir le championnat du monde à Jerez.
«Tous les mots que je connais me sont passés par la tête l’instant d’une seconde. Mais si je vous dis les mots maintenant ils vont me rappeler à Paris», a-t-il ajouté, en faisant allusion à ses démêlés avec les grands patrons du sport automobile, la FIA.
La foule du Centre Molson, le nouveau temple canadien du hockey sur glace, est tombée sous le charme de la simplicité, la franchise et la détermination du pilote canadien maintenant champion du monde.
Aux journalistes qui lui ont demandé quelles valeurs il voudrait inspirer à ses admirateurs, il a répondu «être soi-même, c’est ce qu’il y a de plus important, il faut savoir ce que l’on veut et se battre.»
Mais il a aussi déclaré que «c’est toujours important de bien faire la fête, on ne veut pas toujours être sérieux». La fête qui a accompagné cette conférence de presse lui a prouvé que ses admirateurs du Québec l’avaient reçu 5 sur 5.


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