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Actualités - Chronologie

Les liaisons dangereuses entre argent et pouvoir

Boris Berezovski incarne les liaisons étroites et souvent troubles nouées par une piognée de magnats de la finance avec le pouvoir politique en Russie.
Si l’oukaze signé par Boris Eltsine promet à M. Berezovski «un autre travail», les analystes considèrent que le décret marque probablement la fin de la présence de l’homme d’affaires au sommet de l’Etat.
Brillant chercheur en mathématiques reconverti en homme d’affaires aussi prospère que controversé, Boris Berezovski, 51 ans, a accédé le 29 octobre 1996 au poste de secrétaire-adjoint du Conseil de sécurité.
Cette fonction a fait de lui le principal négociateur avec les indépendantistes tchétchènes, et sans doute bien plus: «Son influence était bien plus importante que son poste officiel», estime l’analyste Andreï Piontkowski, directeur du Centre d’études stratégiques.
Boris Berezovski est, sinon le plus riche, du moins le plus en vue d’un groupe de quelques magnats russes étroitement associés au pouvoir politique.
Ce petit homme au visage rond, à la calvitie avancée et à l’éloquence intarissable, se lance dans le commerce de voitures dès le début de la perestroïka de Mikhaïl Gorbatchev en 1985. Il fonde la société LogoVaz dont il deviendra directeur général en mai 1989.
L’entreprise, qui vend les célèbres Lada de l’usine AvtoVaz, va devenir un puissant empire commercial, financier, et médiatique: elle acquiert une participation de 8% dans la première chaîne de télévision ORT, suffisante pour permettre à M. Berezovski de prendre de facto le contrôle du canal officiellement public, par un de ces tours de passe-passe dont il a le secret.
«Berezovski surpasse n’importe qui en ruse», reconnaît un de ses ennemis jurés, Alexandre Korjakov, ancien garde du corps et confident de Boris Eltsine.

«Parrain du Kremlin»

L’homme d’affaires deviendra porte-parole officieux d’un groupe de puissants hommes d’affaires qui financera la campagne de réélection de Boris Eltsine face au communiste Guennadi Ziouganov à l’été 1996.
L’entrée de M. Berezovski au Conseil de sécurité consacre une lune de miel de courte durée entre ces banquiers et le Kremlin.
Car les jeunes réformateurs Boris Nemtsov et Anatoli Tchoubaïs, nommés par M. Eltsine au gouvernement en mars 1997, déclarent vouloir désengager le gouvernement de l’influence des milieux d’affaires, déclenchant une guerre ouverte avec ces derniers.
Berezovski, lui, consacre la plupart de son activité officielle à apaiser les relations entre la Russie et la république indépendantiste de Tchétchénie, mobilisant pour cela toute son intelligence et sa force de conviction.
La bonhomie apparente du personnage tranche avec les noires rumeurs qui courent à son propos. Le magazine américain «Forbes» a qualifié de «parrain du Kremlin» cet homme qui réchappa par miracle en juin 1994 à un attentat à la bombe dans lequel son chauffeur trouva la mort.
«Berezovski symbolise la corruption, l’influence de l’argent, et la mise en dépendance de la famille présidentielle. Il est l’équivalent de Raspoutine sous Nicolas II», affirme M. Piontkowski.
C’est en couvrant de cadeaux la fille cadette de Boris Eltsine, Tatiana Diatchenko, que Berezovski aurait réussi au Kremlin, assure Korjakov dans ses récentes mémoires.
L’intéressé dément le contenu de ces accusations, qu’il attribue à de la jalousie à l’égard de sa réussite, ou à un antisémitisme encore très répandu en Russie.
A ceux qui contestaient sa nomination il y a plus d’un an, M. Berezovski — dont le patronyme, tiré du prénom du père, est Abramovitch — avait répondu: «Je ne me considère en aucune manière moins patriote que ceux dont le nom se termine en ‘ov’ et dont le patronyme est Ivanovitch». (AFP)
Boris Berezovski incarne les liaisons étroites et souvent troubles nouées par une piognée de magnats de la finance avec le pouvoir politique en Russie.Si l’oukaze signé par Boris Eltsine promet à M. Berezovski «un autre travail», les analystes considèrent que le décret marque probablement la fin de la présence de l’homme d’affaires au sommet de l’Etat.Brillant chercheur en mathématiques reconverti en homme d’affaires aussi prospère que controversé, Boris Berezovski, 51 ans, a accédé le 29 octobre 1996 au poste de secrétaire-adjoint du Conseil de sécurité.Cette fonction a fait de lui le principal négociateur avec les indépendantistes tchétchènes, et sans doute bien plus: «Son influence était bien plus importante que son poste officiel», estime l’analyste Andreï Piontkowski, directeur du Centre...