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Actualités - Chronologie

Bilan (malgré tout) positif pour Jiang après sa visite aux USA

Le président chinois Jiang Zemin était attendu mardi à Pékin au terme d’une tournée américaine de huit jours qui lui aura permis d’effacer symboliquement les années de brouille avec Washington en échange de 4 milliards de dollars de contrats pour les firmes américaines.
La première visite d’un chef d’Etat chinois aux Etats-Unis depuis 1985 a permis «d’accroître la compréhension mutuelle, d’élargir les terrains d’entente, de développer la coopération et de construire l’avenir ensemble», a déclaré Jiang Zemin à Los Angeles, dernière des sept étapes de son périple américain.
Selon des diplomates en poste à Pékin, le président chinois a obtenu au cours de sa visite, soigneusement préparée, l’essentiel de ce qu’il était venu chercher: une reconnaissance internationale qui renforce sa position sur la scène intérieure chinoise.
«Il apparaît désormais comme celui qui a rétabli les liens avec la première puissance mondiale sans faire de concession majeure», note un diplomate européen. Les relations s’étaient gravement détériorées entre les deux pays après la répression des manifestations pacifiques de la place Tiananmen en juin 1989.
Le «succès» remporté par la visite a été proclamé dès mercredi par le ministre chinois des Affaires étrangères, Qian Qichen, à l’issue du sommet Jiang-Clinton à la Maison-Blanche.
Les deux présidents ont décidé d’établir ensemble un «partenariat stratégique constructif», avec pour première concrétisation l’installation d’un téléphone rouge entre les deux capitales.
Les deux hommes ont dû, en revanche, se contenter d’un constat de divergence sur la question des droits de l’homme en Chine. Comme à propos de Taïwan, ils ont cependant décidé que ces divergences ne devaient pas freiner le développement de la coopération bilatérale.

Un acteur supplémentaire

Les deux pays ont comme prévu mis fin à leur différend en matière nucléaire, Bill Clinton ayant décidé de lever l’embargo sur les ventes d’équipement nucléaire à la Chine, après avoir reçu l’assurance que Pékin n’aiderait pas d’autres pays, nommément l’Iran, à fabriquer l’arme atomique.
Cet accord doit profiter aux deux pays, Pékin faisant entrer un acteur supplémentaire sur son marché, ce qui doit lui permettre d’obtenir des conditions plus avantageuses de la part de ses fournisseurs. Les firmes américaines espèrent décrocher des contrats jusqu’à présent monopolisés par la concurrence française, russe et canadienne.
Les groupes américains auront au total signé pour 4,26 milliards de dollars de contrats avec la Chine à l’occasion de la visite, chiffre à rapporter aux 44 milliards USD de déficit commercial bilatéral enregistré par les Américains en 1996 (statistiques américaines).
Boeing, distancé ces derniers mois sur le marché chinois par son concurrent européen Airbus, se taille la part du lion avec 3 milliards de dollars de contrats pour la vente de 50 appareils.
Mais aucun progrès n’a été enregistré sur l’ouverture du marché chinois, Pékin ayant annoncé une réduction de 23% à 17% de la moyenne de ses droits de douane avant le début de la visite.
Les manifestations des défenseurs des droits de l’homme, de l’indépendance du Tibet et de Taïwan, qui ont accompagné le président chinois d’un bout à l’autre de sa visite, ont été totalement ignorées par les médias chinois qui ont concentré leur attention sur les cérémonies et les discours officiels.
Jiang Zemin a cependant été forcé d’admettre, malgré ses 71 ans, qu’il avait entendu les cris des contestataires samedi à Harvard, pendant qu’il s’adressait aux étudiants.
La prestigieuse université a donné lieu à la seule vraie surprise de la visite. En réponse à une question sur Tiananmen, le président a reconnu que Pékin avait pu alors commettre des «erreurs», mot rarement entendu dans la bouche d’un dirigeant chinois.
Il n’en fallait pas plus pour susciter l’espoir d’une révision du verdict officiel sur le Printemps de Pékin, jusqu’à présent considéré comme une tentative de putsch contre-révolutionnaire.
Jiang Zemin est attendu mardi à Pékin en milieu d’après-midi. (AFP)
Le président chinois Jiang Zemin était attendu mardi à Pékin au terme d’une tournée américaine de huit jours qui lui aura permis d’effacer symboliquement les années de brouille avec Washington en échange de 4 milliards de dollars de contrats pour les firmes américaines.La première visite d’un chef d’Etat chinois aux Etats-Unis depuis 1985 a permis «d’accroître la compréhension mutuelle, d’élargir les terrains d’entente, de développer la coopération et de construire l’avenir ensemble», a déclaré Jiang Zemin à Los Angeles, dernière des sept étapes de son périple américain.Selon des diplomates en poste à Pékin, le président chinois a obtenu au cours de sa visite, soigneusement préparée, l’essentiel de ce qu’il était venu chercher: une reconnaissance internationale qui renforce sa position...