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Actualités - Conferences De Presse

Le théâtre Monnot lève le rideau avec Prévert (photo)

Un nouveau théâtre va ouvrir ses portes à Beyrouth. Par ces temps de dèche culturelle et de grisaille économique, c’est une prouesse. D’autant plus audacieuse que les théâtres déjà en service crient famine. M. …abrouk donc et bon vent.
Le Théâtre Monnot sis rue de l’Université St Jospeh, au cœur de Beyrouth, inaugurera ses planches par un récital de poèmes de Jacques Prévert donné par Claude Piéplu, Salon du livre oblige. C’est ce qu’a annoncé Mme Aimée Boulos, directrice du théâtre et de l’IESAV (Institut des études scéniques et audiovisuelles) lors d’une conférence de presse tenue hier, au théâtre même, en présence du Père René Chamussy, doyen de la Faculté des lettres et des sciences humaines, représentant le recteur de l’USJ, le Père Sélim Abou, et le Père Joseph Nassar, aumônier du Campus représentant le Provincial de la Compagnie de Jésus au Proche-Orient, le Père Yan Bronsweld.
Mme Boulos a annoncé que «le théâtre Monnot est né d’une collaboration entre l’USJ et la Compagnie de Jésus qui ensemble en ont assuré le local, l’infrastructure, l’équipement, le mobilier». Le théâtre Monnot est composé d’une structure: la grande salle d’une capacité de 257 sièges et dont la scène fait 8,5 mètres de profondeur et 14 mètres de largeur; et le théâtre de poche, une soixantaine de places dans une salle de 14 mètres par 6. La directrice a indiqué que ces deux espaces «constituent une extension des activités de l’IESAV tant au niveau de la formation théâtrale et audiovisuelle de nos étudiants que de l’intention des responsables de l’Institut de prendre une part active dans la vie culturelle et artistique de notre pays». Ajoutant que «ce théâtre, géré par l’IESAV est à vocations multiples. Pluridisciplinaire et pluriculturel, il est ouvert à tous, offert à tous». Le Monnot ouvrira ses portes aussi bien pour des pièces de théâtre que pour des concerts, des spectacles de danse, des expositions, des conférences, sans oublier le cinéma, avec le Ciné-club.
Ensuite, Antoine Azzam, administrateur du théâtre, a indiqué que la structure d’accueil comprenait, outre Aimée Boulos et lui-même, «Paul Mattar, responsable artistique; Michel Jabre, maître d’atelier; un conseil artistique composé des professeurs de l ’IESAV et de professionnels; une assistante administrative et deux régisseurs».
Il a souligné qu’en plus des deux salles de théâtre, la structure du Monnot comprend une «régie de contrôle équipée de matériel professionnel; une cafétéria; des studios professionnels». Il a expliqué par ailleurs les modalités pour se produire sur les planches du Monnot. «L’administration du théâtre propose un dossier aux producteurs, metteurs en scène. Ceux-ci présentent leur dossier artistique à l’administration du théâtre. Ce dossier est soumis au Conseil artistique. Après avis favorable, la production se met en place».
Michel Jabre, responsable du théâtre de poche, a indiqué que la première pièce qu’il prévoit à partir du 15 novembre, «Elle, en absence de l’amour et de la mort», est une adaptation d’une pièce d’Edward Raznidsky (dramaturge contemporain russe). Carole Samaha et Joe Kodeih y seront à l’affiche pendant deux mois. «Ce théâtre de poche aura un répertoire spécifique, des textes plutôt expérimentaux».
Jean-Pierre Goux-Pelletan a, pour sa part, parlé du programme du vidéo-club. Après avoir été pendant cinq ans au Centre culturel Français, le vidéo-club prend ses quartiers à Monnot, tous les lundis à 19h. «Ici, le problème de l’espace ne se pose plus, la salle est vaste et nous aurons un écran géant de 4,5X3,5 m». Mme Boulos a précisé que chaque projection, «sera précédée de la présentation d’un court-métrage exécuté par les élèves». Et, comme à l’accoutumée, chaque film fera l’objet d’un débat. Au programme jusqu’à la fin 1997: lundi 3 novembre, «Les parapluies de Cherbourg» de Jacques Demy; 10 novembre, «The night of the Hunter» de Charles Laughton; 17 novembre, «Rebel without cause» de Nicolas Ray; 24 novembre, «Dial-M for murder» d’Alfred Hitchcock; 1er décembre, «Rocco et ses frères» de Luchino Visconti; 8 décembre, «It’s a wonderful life» de Franck Capra; 15 décembre, «Brazil» de Terry Gillian; 22 décembre, «Breakfast at Tiffany’s» de Blake Edwards.
Dominique Chastres, de la Mission culturelle française et Hugues Bachelot, responsable du patrimoine Jacques Prévert ont exprimé leur joie d’inaugurer un théâtre avec des textes du grand poète français.
Jalal-Khoury, dont la pièce «Rizkallah ya Beyrouth» sera la première à monter sur les planches de la grande salle, à partir du 19 novembre, a indiqué que la pièce qu’il a écrite et mise en scène «est une sorte d’album d’images du théâtre libanais entre 1848, date de l’introduction du théâtre dans les pays arabes et 1975, date de rupture ou de cessation». Il y aura des extraits des pièces les plus représentatives: de Maroun Naccache à Chouchou en passant par Omar Zeeni, la période classique, le théâtre politique, «Majdaloun», Geha, «al-Zanzalakht», «al-Mouharrej»... Douze acteurs feuilletteront cet album couleurs sépia... au fil des pages, le public assiste, en parallèle, à la vie de la troupe, avec ses espoirs, ses enthousiasmes et ses doutes...
Le programme théâtral des deux salles confondues pour l’année 97/98, se présente comme suit: vendredi 7 et samedi 8 novembre, 20h30«Poésie sur Paroles» textes de Jacques Prévert, spectacle de Claude Piéplu; du 19 novembre au 20 janvier, «Rizcallah ya Beyrouth» de Jalal-Khoury; du 22 au 24 novembre, «Julia Domna» de Chérif Khaznadar; du 27 novembre au 8 mars, «Ubu roi» de Sylvain Lhermitte; du 9 au 14 mars, «Une bête sur la lune» de Corine Jaber (théâtre Bobigny); du 24 mars au 26 avril, «al-hayat houlwat» (la vie est belle) de Michel Jabre; du 5 au 17 mai, pièce de Joe Kodeih; du 19 au 23 mai, «Monsieur Lovestar et son voisin de palier» d’Edouardo Manet; du 2 au 14 juin, pièce de Betty Tawtel.
Un programme déjà bien chargé, qui promet un démarrage en force...

Aline GEMAYEL
Un nouveau théâtre va ouvrir ses portes à Beyrouth. Par ces temps de dèche culturelle et de grisaille économique, c’est une prouesse. D’autant plus audacieuse que les théâtres déjà en service crient famine. M. …abrouk donc et bon vent. Le Théâtre Monnot sis rue de l’Université St Jospeh, au cœur de Beyrouth, inaugurera ses planches par un récital de poèmes de Jacques Prévert donné par Claude Piéplu, Salon du livre oblige. C’est ce qu’a annoncé Mme Aimée Boulos, directrice du théâtre et de l’IESAV (Institut des études scéniques et audiovisuelles) lors d’une conférence de presse tenue hier, au théâtre même, en présence du Père René Chamussy, doyen de la Faculté des lettres et des sciences humaines, représentant le recteur de l’USJ, le Père Sélim Abou, et le Père Joseph Nassar, aumônier...