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Actualités - Conferences De Presse

Une conférence de presse ? Plutôt une joute verbale (photo)


Les présidents américain Bill Clinton et chinois Jiang Zemin se sont affrontés verbalement en public à propos de la situation des droits de l’homme en Chine quand le numéro un chinois a de nouveau justifié le massacre de 1989 de la place Tiananmen, s’attirant une réplique immédiate de son hôte.

La Chine est «du mauvais côté de l’Histoire» sur la question des libertés, a affirmé M. Clinton.
Le spectacle — rarissime s’agissant d’un sommet, surtout dans le cas d’un leader chinois — a eu lieu lors d’une conférence de presse conjointe à la Maison-Blanche devant les caméras du monde entier.
Visiblement désireux de souligner les divergences entre les deux pays à l’intention de ceux qui, aux Etats-Unis, l’accusent de fermer les yeux sur les pires abus du régime chinois, le président américain est intervenu systématiquement pour exprimer son opinion après chacune des réponses de M. Jiang.
Un journaliste lui ayant demandé si la mort de centaines de manifestants pro-démocratie tués par l’armée chinoise sur la place Tiananmen dans la nuit du 3 au 4 juin 1989 lui inspirait des regrets, M. Jiang s’est lancé dans une longue tirade pour expliquer, en substance, que la répression avait été nécessaire pour maintenir «la stabilité politique» en Chine.
M. Clinton a alors pris la parole pour effectuer une véritable mise au point.

«Concepts relatifs»

«Il devrait être évident pour tout le monde que nous avons une opinion très différente de la signification des événements de Tiananmen», a-t-il dit.
Le massacre, a-t-il poursuivi, a empêché la Chine d’«obtenir le soutien dans le reste du monde qu’elle aurait autrement obtenu».
Il a indiqué qu’il n’avait pas l’intention de lever les sanctions économiques — par exemple l’interdiction de certains prêts — prises par son prédécesseur républicain George Bush à la suite du massacre.
Mais en même temps, M. Clinton a souligné que ces «divergences fondamentales» en matière de libertés ne devaient pas empêcher les deux gouvernements de coopérer.
Interrogé sur la liberté de religion au Tibet, M. Jiang a ensuite assuré que les habitants de ce territoire, envahi par la Chine en 1950 et annexé l’année suivante, avaient «le droit d’exercer leurs croyances religieuses».
Il a aussi réitéré que la liberté et les droits de l’homme étaient «des concepts relatifs» définis par le contexte historique et le niveau de développement d’un pays, une thèse qui constitue aux Etats-Unis une véritable hérésie. M. Clinton a écouté la traduction la mine sombre.
M. Jiang a aussi fait une brève allusion ironique aux manifestants pro-démocratie qui le poursuivent à distance depuis son arrivée sur le sol américain. «Parfois, du bruit est entré dans mon oreille», a-t-il dit en souriant.
M. Clinton a refusé de dire s’il avait soulevé nommément le cas des deux dissidents chinois les plus connus, Wang Dan, 27 ans, l’un des leaders du printemps de Pékin de 1989, et Wei Jingsheng, en prison pratiquement depuis 1979, à l’exception d’un bref intervalle de quelques mois.
Interrogé sur le sort de ces deux dissidents, M. Jiang a réitéré la position traditionnelle de son gouvernement, à savoir qu’il s’agissait d’un problème relevant du système judiciaire chinois.
Mais il a aussi ajouté que leur situation serait «résolue graduellement en fonction des procédures légales des tribunaux chinois», ce qui semblait laisser la porte ouverte à une possible remise en liberté ultérieure. (AFP)


Les présidents américain Bill Clinton et chinois Jiang Zemin se sont affrontés verbalement en public à propos de la situation des droits de l’homme en Chine quand le numéro un chinois a de nouveau justifié le massacre de 1989 de la place Tiananmen, s’attirant une réplique immédiate de son hôte.La Chine est «du mauvais côté de l’Histoire» sur la question des libertés, a affirmé M. Clinton.Le spectacle — rarissime s’agissant d’un sommet, surtout dans le cas d’un leader chinois — a eu lieu lors d’une conférence de presse conjointe à la Maison-Blanche devant les caméras du monde entier.Visiblement désireux de souligner les divergences entre les deux pays à l’intention de ceux qui, aux Etats-Unis, l’accusent de fermer les yeux sur les pires abus du régime chinois, le président américain est...