Le projet de loi travailliste déposé à la Chambre des communes s’inscrit dans le vaste chantier de modernisation et de démocratisation du pays voulu par le premier ministre Tony Blair.
L’initiative est en totale rupture avec la politique des conservateurs: Margaret Thatcher ayant pour sa part aboli en 1986 le Conseil du Grand Londres, bastion de l’aile ultra-gauchisante du Labour.
Depuis lors, l’administration de la capitale britannique est morcelée en 32 «conseils de quartiers», sans compter un secrétaire d’Etat à la ville de Londres, Nick Raynsford, et divers corps non élus.
La capitale dispose aujourd’hui d’un «Lord Mayor» à la fonction purement honorifique, et les candidats des divers camps se bousculent déjà pour la fonction prestigieuse d’édile en passe d’être créée.
L’adoption de la réforme ne fait guère de doute. Les travaillistes disposent d’une écrasante majorité à la Chambre des communes, et les sondages prédisent à huit mois de l’échéance une nette victoire du oui au référendum du 7 mai.
La controverse cependant s’est déjà installée à propos de la décision de soumettre à question unique l’élection d’un maire et d’une assemblée.
Les conservateurs dénoncent l’amalgame après avoir effectué la moitié du chemin. Ils ont rallié sur le tard l’idée d’un maire, mais ne veulent pas le voir flanquer d’un conseil de peur de réveiller de vieux cauchemars.
Mais les travaillistes sont déterminés à imposer leurs vues au nom de la décentralisation et de la démocratie.
Les paris sont déjà ouverts sur l’identité du premier maire. Un sondage plébiscitait début octobre le très médiatique milliardaire Richard Branson, devant l’ancien vice-président du Parti conservateur et auteur de best-sellers Lord Archer et du revenant politique Ken Livingstone.
L’enjeu est d’importance. La capitale représente plus d’un siège sur dix au Parlement, et les Londoniens exigent de sérieux aménagements pour rétablir la sécurité, remédier au mauvais fonctionnement des écoles, des hôpitaux et surtout du métro centenaire, véritable plaie au quotidien pour ses utilisateurs. (AFP)

