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Actualités - Chronologie

La cohabitation s'annonce difficile entre la Serbie et le Monténégro


La cohabitation s’annonce difficile entre Belgrade et le Monténégro à la suite de l’élection, à la tête de cette république, du réformateur Milo Djukanovic, un adversaire juré du président yougoslave Slobodan Milosevic.

La République fédérale de Yougoslavie (RFY — Serbie et Monténégro) aborde une ère nouvelle, notait un analyste à Podgorica, la capitale monténégrine, évoquant le risque d’une rupture entre la plus grande et la plus petite des ex-républiques yougoslaves.
«Le Monténégro ne sera le protectorat de personne», avait affirmé récemment le jeune (35 ans) premier ministre monténégrin devant des dizaines de milliers de ses sympathisants, dénonçant «ceux qui voudraient voir le Monténégro à genoux», allusion à l’autoritarisme de M. Milosevic.
«Les derniers jours de leur tyrannie s’écoulent et confortent notre conviction que la dignité du Monténégro n’a pas de prix», avait-il dit.
Les Monténégrins dans leur majorité, M. Djukanovic en tête, accusent la Serbie de s’arroger un rôle dominant, alors que la constitution traite les deux entités sur un pied d’égalité.
M. Milosevic a, en revanche, pour objectif de «renforcer la fédération»: en clair, de neutraliser les velléités d’autonomie de son petit allié.
La Serbie a déjà pris des mesures de rétorsion de nature à asphyxier l’économie monténégrine. De grandes entreprises serbes boycottent le port monténégrin de Bar au profit de ports bulgares ou grecs, dont les services sont pourtant nettement plus chers. Elles boudent les fonderies de Niksic, au Monténégro, et les autorités centrales empêchent des sociétés monténégrines d’importer certaines matières premières.

Modus vivendi

Le Monténégro a contrarié les ambitions politiques de M. Milosevic. Il a refusé l’été dernier une élection au suffrage universel pour la présidence de la RFY, vivement souhaitée par l’homme fort de Belgrade.
Le gouvernement de M. Djukanovic est allé de l’avant en matière de réformes économiques, privatisant 80% des entreprises de sa république. Il a multiplié les contacts avec l’Occident, ouvert une mission commerciale à New York et s’est même doté d’un «ministère des Affaires étrangères», alors que celui de la Serbie se confond avec le ministère fédéral.
M. Djukanovic a aussi proclamé le Monténégro, «centre offshore», accordant des facilités aux investisseurs étrangers, une initiative que Belgrade voit d’un mauvais œil, estimant qu’elle sert de paravent à des activités illicites.
Les derniers débats au Parlement monténégrin ont montré que les partisans de M. Djukanovic y étaient majoritaires. Les élections législatives prévues au printemps prochain devraient renforcer leur position et leur permettre de bloquer toute initiative des socialistes de M. Milosevic jugée inopportune, voire d’engager une procédure de destitution du président yougoslave.
De nombreux diplomates occidentaux estiment néanmoins que les deux hommes devront trouver un modus vivendi, les économies des deux républiques étant trop interdépendantes.
Le succès de M. Djukanovic a surtout montré qu’une majorité des Monténégrins soutient sa politique d’ouverture, une donnée qui pourrait inciter le président yougoslave à plus de souplesse vis-à-vis de l’Occident, selon ces sources.
Dans les rues de Podgorica, tirs de joie, feux d’artifice et concerts de klaxons continuaient de saluer la victoire de «Milo» en ce début de semaine. Des centaines de voitures tournaient dans le centre-ville, arborant drapeaux monténégrins et portrais du président élu avec ce slogan: «Celui qu’il nous faut».
La fête était ponctuée de tirs de pistolets et de rafales d’armes automatiques. On chantait, on dansait, on se congratulait en scandant «Vive le Monténégro». La loza, traditionnel marc de raisin, coulait à flots, on s’échangeait des bouteilles de champagne ou de whisky, tandis que des vieilles femmes servaient aux jeunes des feuilletés au fromage.
Sur des balcons inondés de soleil, on avait poussé à fond des haut-parleurs qui faisaient vibrer la foule aux accords de l’hymne monténégrin et de «We are the champions», la célèbre chanson des Queen. (AFP)


La cohabitation s’annonce difficile entre Belgrade et le Monténégro à la suite de l’élection, à la tête de cette république, du réformateur Milo Djukanovic, un adversaire juré du président yougoslave Slobodan Milosevic.La République fédérale de Yougoslavie (RFY — Serbie et Monténégro) aborde une ère nouvelle, notait un analyste à Podgorica, la capitale monténégrine, évoquant le risque d’une rupture entre la plus grande et la plus petite des ex-républiques yougoslaves.«Le Monténégro ne sera le protectorat de personne», avait affirmé récemment le jeune (35 ans) premier ministre monténégrin devant des dizaines de milliers de ses sympathisants, dénonçant «ceux qui voudraient voir le Monténégro à genoux», allusion à l’autoritarisme de M. Milosevic.«Les derniers jours de leur tyrannie...