«Si les négociations de Kyoto aboutissent à des engagements pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), les industries américaines pourront maintenir un haut niveau de compétitivité», affirme le WRI, dont le siège est à Washington.
«Une comparaison des tensions sur le commerce, l’investissement, les coûts et les prix de l’énergie entre les Etats-Unis et plusieurs pays développés met en évidence quelques impacts commerciaux défavorables mais aussi des opportunités significatives pour l’économie américaine», ajoute l’institut.
Les milieux d’affaires et industriels américains ont lancé une campagne publicitaire de 13 millions de dollars pour dissuader l’administration de prendre des engagements contraignants.
Très présente à Bonn, leur Coalition pour le climat mondial (Global Climate Coalition) affirme qu’un protocole adopté à Kyoto provoquerait un ralentissement de l’activité économique et une augmentation du chômage. Selon des études commandées par la GCC, de fortes réductions des émissions du C02 entraîneraient une perte de 227 milliards de dollars pour le PIB américain, la disparition de plus de 700.000 emplois et de fortes augmentations du prix de l’essence et de l’électricité.
Ces arguments, selon le WRI, ignorent des faits importants:
— les différences nationales de prix de l’énergie ne jouent pas sur les flux d’investissement internationaux
— les coûts de l’énergie ne représentent qu’une part insignifiante de la valeur des biens et des services les plus commercialisés
— les prix de l’énergie grimpent surtout dans les pays en développement
— les réformes énergétiques dans les pays en développement génèrent des opportunités commerciales et d’investissement significatives pour les firmes américaines.
Le World Resources Institute ajoute que, même si les pays en développement ne sont pas concernés par un accord contraignant sur la réduction des gaz à effet de serre, cela ne signifie pas que la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCCC) de 1992 les laisse de côté. La convention affirme que tous les pays doivent coopérer pour stabiliser les émissions de GES, mais reconnaît la «responsabilité historique» des pays développés dans l’aggravation de l’effet de serre, tandis que les autres doivent parvenir à un niveau minimum de développement de leurs besoins même s’ils agissent pour limiter leurs émissions.
Les Etats-Unis, avec près du quart du total des émissions de C02 de la planète, restent le premier pollueur mondial, devant la Chine et l’Union européenne.
Selon un rapport du WWF (Fonds mondial pour la Nature), commandé au Tellus Institute (Boston), de fortes réductions de gaz à effet de serre économiquement très rentables sont possibles aux Etats-Unis dès 2005 (par rapport à 1990). Ce rapport affirme même que des «coupes» de 10% des GES en 2005 aux Etats-Unis épargneraient 46 milliards de dollars, tandis qu’une réduction de 22% en 2010 ferait gagner 136 milliards de dollars à l’économie américaine, grâce à des politiques énergétiques fondamentalement nouvelles.
L’été dernier, une autre étude, menée par cinq instituts indépendants américains avait montré qu’une réduction de 10% du C02 était possible en 2010, alors que la courbe actuelle tend à un accroissement de 21% (voire 23%) à la même date, si rien n’est fait pour l’infléchir. (AFP)


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