L’INSEE, l’Institut national des statistiques français, a souligné mardi qu’il n’y avait pas d’automatisme entre le coup de tabac qui frappe les places financières et l’économie réelle c’est-à-dire l’activité des entreprises, l’investissement et la consommation interne.
Le ministre des Finances Dominique Strauss-Kahn a estimé mardi que la croissance en France et en Europe n’était pas «atteinte par ce qui se passe sur les marchés», lors des questions d’actualité à l’Assemblée nationale.
«En France comme en Europe, la reprise est là, elle est solide et profonde» a-t-il rappelé, estimant que les conséquences sur «l’économie réelle» resteront faibles.
Son homologue suédois, Erik Aasbrink, a jugé pour sa part qu’il était encore trop tôt pour juger des conséquences de la tempête boursière sur la croissance.
«Nous suivons les développements de la crise mais, pour l’heure, nous n’avons aucune raison de revoir nos prévisions» macro-économiques, a-t-il dit.
Un risque psychologique
Il y a toutefois un risque psychologique dans cette tempête boursière parce qu’elle peut avoir un impact négatif sur le moral des industriels et freiner leurs investissements, a indiqué Nordine Naam de la Dresdner Kleinwort Benson Marchés à Paris.
Aux Etats-Unis, un fort recul des cours a également un effet direct sur la consommation des ménages qui investissent beaucoup de leur épargne en bourse. En Europe cet engagement, et par conséquent l’impact, est beaucoup plus limité de ce point de vue mais une baisse de la croissance outre-Atlantique aurait inévitablement des conséquences ici.
M. Naam a également souligné qu’il ne faudrait pas que la crise en Asie, qui a tout déclenché, dure trop longtemps.
Non seulement elle pèse directement sur l’industrie exportatrice mais également sur les engagements des entreprises dans cette région. Qui plus est, la tempête boursière pourrait faire baisser fortement le dollar américain ce qui diminuerait d’autant la compétitivité des entreprises européennes dans la zone billet vert.
Pour M. Naam, l’impact de la crise asiatique sur le Produit intérieur brut (PIB) européen pourrait être de l’ordre de 0,1 à 0,3 point de pourcentage et le Crédit commercial de France penche pour sa part sur 0,2 point.
La banque d’affaires américaine Merrill Lynch pense elle aussi que la crise financière en Asie du sud-est va entraîner un ralentissement de la croissance en Europe et aux Etats-Unis, mais ne publie pas ses estimations pour l’heure.
Elle continue néanmoins à prévoir «une croissance mondiale durable à long terme avec une faible inflation».
Selon la banque, la baisse des taux de croissance devrait apaiser les inquiétudes des marchés en matière d’inflation et de taux d’intérêt aux Etats-Unis et en Europe.
Par conséquent l’inflation restera faible et les taux d’intérêt pourraient davantage baisser dans ces deux régions, souligne Merrill Lynch.
Ces facteurs sont traditionnellement considérés comme favorables à la croissance.

