La bourse japonaise avait limité les pertes en début de journée, contenant son recul à 0,7% à l’ouverture. La glissade avait cependant commencé aussitôt après et n’a pas cessé de la journée, l’indice Nikkei passant franchement sous la barre psychologique des 16.500 points dès la séance du matin.
En séance, le Nikkei a chuté jusqu’à 16.218,38 points. Le niveau en clôture est le plus bas depuis le 25 juillet 1995 lorsque l’indice Nikkei avait terminé la journée à 16.148,40 points.
Les échanges sont restés très réduits, beaucoup de valeurs n’ayant pas été cotées de la journée, faute de demande.
L’indice Topix a reculé de 49,34 points à 1.263,11. 370 millions de titres ont changé de mains contre 317,1 millions lundi.
Personne ne s’aventurait à prédire quand s’arrêtera exactement cette descente aux enfers, d’autant que les grandes banques n’ont pu être cotées qu’en toute fin de séance. Elles ont enregistré des reculs allant de 6% à 9%. La plus grande banque mondiale, la Bank of Tokyo-Mitsubishi, a cédé 9,2%.
L’effondrement des cours des banques japonaises déjà visible lundi illustre l’ampleur de l’effort que suscite leur fort engagement à Hong Kong.
«Tout vient de Wall Street: la plus grande chute en points dans l’histoire de Wall Street conduit le marché japonais déjà fragile à s’effondrer», souligne Andrew Shipley, un économiste de Schroders Japan Ltd. «Assurément, la tendance est maintenant à une correction sévère», ajoute-t-il.
Tendance au
pessimisme
Même si certains analystes s’attendent à un rebond, d’autres sont plus pessimistes. Ainsi Hideaki Akimoto pour qui l’indice Nikkei peut très bien continuer de déraper vers les 16.000 points.
«Compte tenu du fait que l’inquiétude sur l’instabilité régnant sur les marchés asiatiques risque d’affecter les perspectives de résultats des entreprises (japonaises) et d’augmenter les interrogations sur la qualité des actifs des banques japonaises, l’indice peut tomber autour de 16.000 points», a-t-il dit.
«L’indice peut tomber temporairement sous les 16.000 points, le marché suivant les traces de Wall Street, mais au vu des fondamentaux de l’économie japonaise, une telle chute devrait suffire», estime Masaaki Higashida, un économiste de Nomura Securities.
«Un tel scénario a cependant besoin d’une condition: la stabilité du marché de New York», a-t-il ajouté.
Une fois de plus, les investisseurs échaudés se sont tournés vers le marché obligataire, poussant mécaniquement les rendements à la baisse. Le rendement de l’obligation de référence du Trésor nippon a ainsi chuté à 1,61%, un niveau jamais vu dans l’histoire de la planète. (AFP)

