La Chine devrait dépenser entre 50 et 60 milliards de dollars d’ici 2015 pour satisfaire ses besoins en énergie, ce qui en fait le marché du monde à la plus forte croissance.
«D’un point de vue américain, ces chiffres sont très élevés», commente Marvin Fertel, vice-président de l’Institut de l’énergie nucléaire, une organisation de ce secteur.
«Nous pensons qu’il ne va pas y avoir une répartition entre 50 pays. Il y aura un petit nombre de gagnants», a-t-il déclaré lundi à la presse.
La France, la Russie et le Canada ont déjà signé des accords pour la construction de deux centrales chacun.
Des géants américains tels que Westinghouse, General Electric et ABB ne peuvent traiter avec la Chine en vertu d’une loi de 1985 qui empêche de tels contrats tant que le gouvernement n’a pas certifié au Congrès que la Chine n’aide pas d’autres pays, tels que l’Iran ou le Pakistan à fabriquer des armes nucléaires. Mais cette loi n’a pas empêché General Electric, par exemple, d’exporter vers la Chine des biens d’équipements par le biais de sa filiale canadienne, ou même l’helvético-suédois ABB (Asea Brown Boveri) qui fournit des turbines à travers sa maison-mère installée en Europe.
M. Clinton devrait donner ce feu vert à l’occasion de son sommet avec son homologue chinois Jiang Zemin mercredi et le Congrès aura 30 jours pour éventuellement bloquer cette décision. Les industriels du secteur affichent leur confiance sur ce point.
Dans son édition de samedi, le quotidien Washington Post, citant des responsables américains, affirmait qu’un accord avait été conclu mercredi dernier, stipulant que Pékin limiterait sa coopération nucléaire avec l’Iran ainsi que ses ventes d’armes, et en particulier de missiles balistiques.
Aux termes de l’accord, M. Clinton annoncerait que son gouvernement peut certifier que la Chine n’aide pas d’autres pays à développer des armes nucléaires, permettant ainsi la mise en œuvre d’un programme de coopération nucléaire signé en 1985 par Pékin et Washington.
«Au cours des cinq dernières années, il y a eu un océan de changements dans les politiques et les pratiques de la Chine en matière de prolifération», a déclaré lundi le porte-parole du département d’Etat, James Rubin.
Les responsables du secteur affirment qu’un accès américain au marché chinois créerait 25.000 emplois aux Etats-Unis et contribuerait à l’objectif international de réduction des gaz à effet de serre.
Si le Congrès donne son accord, les premières livraisons pourraient intervenir dès 1999.
Des premières commandes devraient être annoncées par les Chinois lors d’une conférence de presse jeudi.
Une dizaine de sénateurs américains lundi se sont déclarés opposés à l’exportation de haute technologie nucléaire à la Chine en raison de la vente par Pékin de composants d’armes de destruction massive à l’Iran et au Pakistan.
Les sénateurs républicains, dont Jesse Helms, le puissant président de la commission des Affaires étrangères, se sont déclarés hostiles à tout éventuel accord sur l’exportation de technologies nucléaires d’application civile dans une lettre adressée lundi au président Bill Clinton. (AFP)

