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Actualités - Chronologie

Malgré les menaces de la Guérilla Elections pour la paix en Colombie


Malgré toutes les menaces et intimidations des organisations de guérilla, les élections régionales et municipales ont bien eu lieu dimanche en Colombie, témoignant de l’exaspération de la population par la violence qui ronge un pays où près de 30.000 personnes meurent de mort violente chaque année.
Mais les «insurgés» des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) et de l’ELN (Armée de libération nationale) sont néanmoins parvenus, en partie, à leurs fins en troublant toute la campagne électorale, empêchant la tenue du scrutin dans plusieurs municipalités et surtout faussant le jeu politique traditionnel.
Deux mille candidats, décrétés «objectifs militaires» par la guérilla s’ils venaient à se présenter, avaient retiré leurs candidatures. 35 autres ont été assassinés et 150 autres enlevés, sans compter les centaines de tués civils depuis trois mois.
Même si de longues queues se formaient devant les bureaux de vote de la capitale et des grandes villes comme Medellin ou Cali, le spectacle était fréquent dans des villages isolés de voir la place du village vide ou de ne voir qu’une poignée de «téméraires» s’approcher de l’urne, tel ce curé à Gachala, à 150 km à l’est de Bogota qui est venu voter parce que son évêque lui «en a donné l’ordre».
Ou tel le candidat de la localité de Mayama au sud du pays, qui a été élu maire avec 4 voix seulement, six électeurs sur les 3.500 inscrits de la localité ayant rempli leur devoir électoral.
Quelques heures après la fermeture du scrutin, aucun chiffre officiel n’avait encore permis de mesurer avec précision les résultats qui n’ont, politiquement parlant, pas de réelle signification. Les premiers chiffres officiels ne seront disponibles que dans 2 ou 3 jours. Lors du dernier scrutin de 1994, la participation, traditionnellement basse en Colombie, n’avait pas dépassé les 30%.

«Para la paz»

Les électeurs, ce dimanche, ont voté très souvent pour un candidat, une personne et non plus pour un parti, ce qui trahit une perte d’influence des partis politiques à moins d’un an des élections présidentielles.
La guérilla ayant menacé de mort les candidats du Parti libéral (au pouvoir) comme ceux de l’opposition conservatrice, tous qualifiés de «corrompus», une bonne part de candidats ont renoncé à leurs étiquettes habituelles et se sont présentés comme «indépendants».
Ainsi, à Bogota, c’est un dissident du Parti libéral Enrique Penalosa, qui est assuré de gagner, avec 46,6 p.c. des voix selon les projections, alors que le candidat libéral n’a même pas obtenu 2 pour cent.
Encouragés par le président Ernesto Samper, à «défendre la démocratie et à voter massivement pour la paix», les électeurs ont répondu présent: le «vote pour la paix», non-officiel, mais qui fera l’objet d’un décompte, organisé par des associations non gouvernementales ayant reçu le soutien d’organisations internationales, comme l’Unicef, semble avoir obtenu un large succès.
Ce vote consistait à déposer dans les urnes spéciales un bulletin de couleur verte, portant les simples mots «voto para la paz», que les électeurs s’étaient vus remettre en même temps que ceux des candidats.
Le président Samper, qui avait refusé de décréter l’état d’urgence face à la campagne violente d’intimidation de la guérilla, menée depuis trois mois, sera crédité au moins d’une victoire, en ayant assuré, malgré tout, la tenue des élections, sans violence majeure, à l’exception de l’enlèvement jeudi dernier de deux observateurs de l’OEA (Organisation, des Etats américains) par l’ELN. Celle-ci avait fait savoir samedi que des pourparlers étaient en cours en vue de leur «rapide libération».
Dans sa tâche, M. Samper a été appuyé par une armée de 121.000 hommes et de 100.000 policiers, mis en état d’alerte maximum. (AFP)
Malgré toutes les menaces et intimidations des organisations de guérilla, les élections régionales et municipales ont bien eu lieu dimanche en Colombie, témoignant de l’exaspération de la population par la violence qui ronge un pays où près de 30.000 personnes meurent de mort violente chaque année.Mais les «insurgés» des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) et de l’ELN (Armée de libération nationale) sont néanmoins parvenus, en partie, à leurs fins en troublant toute la campagne électorale, empêchant la tenue du scrutin dans plusieurs municipalités et surtout faussant le jeu politique traditionnel.Deux mille candidats, décrétés «objectifs militaires» par la guérilla s’ils venaient à se présenter, avaient retiré leurs candidatures. 35 autres ont été assassinés et 150 autres enlevés,...