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La politique américaine de double endiguement remise en question


La politique américaine de «double endiguement» contre l’Irak et l’Iran est dépassée et doit être modifiée, selon des experts du Proche-Orient réunis en colloque à Doha.
La plupart des participants à la conférence, à laquelle participaient deux anciens hauts responsables du département d’Etat américain, ont prôné l’ouverture d’un dialogue avec l’Iran, mais n’ont pas pu trouver un terrain d’entente sur l’Irak.
«Depuis 1993, les Etats-Unis maintiennent une politique de double endiguement à l’égard de l’Irak et de l’Iran, mais l’application d’une seule politique pour deux pays très différents doit être repensée», a estimé le chercheur américain Gary Sick, de l’université de Columbia (New York).
En outre, selon lui, «cette politique a provoqué des conflits avec les amis et les alliés des Etats-Unis».
En Irak, a-t-il expliqué, «tout changement du régime des sanctions» est conditionné par «un remplacement de Saddam Hussein», alors que pour l’Iran, «un changement substantiel dans la politique et le comportement de Téhéran» permettrait de les lever.
M. Robert Pelletreau, ancien secrétaire d’Etat adjoint pour le Proche-Orient sous le président Bill Clinton, a reconnu que cette politique n’était «plus adaptée aux circonstances actuelles».
«En termes militaires, cette politique a été un succès (car) avec 400.000 hommes, l’armée irakienne dispose de moins de la moitié des effectifs de la guerre du Golfe, bien qu’elle constitue toujours une menace pour la région», a-t-il ajouté.
Selon lui, «Washington est persuadé que si les sanctions sont levées ou le dispositif de surveillance militaire allégé dans le Golfe, l’Irak recommencera à s’armer, et à menacer le Koweït».

Le précédent yougoslave

M. Pelletreau a cependant révélé que Washington avait «commencé à réfléchir sérieusement sur la nature de l’aide dont un nouveau régime aurait besoin pour rebâtir le pays».
Il a estimé «désirable l’ouverture de l’Irak aux investissements privés et l’expansion du secteur pétrolier, en coopération avec les firmes internationales, américaines inclues».
Pour le journaliste français Eric Rouleau, ancien ambassadeur en Turquie et en Tunisie, «les sanctions ont affamé les Irakiens, ruiné le pays et font courir le risque d’une désintégration de l’Irak».
«Si l’Irak venait à se désintégrer, la guerre dans l’ex-Yougoslavie ne serait rien à côté de ce qui se passerait dans la région«, a-t-il prédit.
«La politique de double endiguement a échoué en Irak et en Iran», a-t-il ajouté, suggérant de «lever les sanctions économiques imposées à l’Irak et l’Iran et maintenir l’embargo militaire».
«Le double endiguement est un slogan et pour nous, dans le Golfe il n’a pas réalisé ses objectifs (…). Saddam Hussein est toujours là», a déclaré de son côté M. Abdallah Chayji, un universitaire koweïtien.
Il a souligné que les Etats de la région commençaient à critiquer cette politique américaine. «Les achats d’armes épuisent nos économies et malgré cela, nous ne nous sentons toujours pas à l’abri», a-t-il dit.
Pour ce qui est de l’Iran, Robert Pelletreau a reconnu qu’un «changement s’y produit» avec l’élection du président Mohammad Khatami. Il a appelé «au dialogue entre les gouvernements américain et iranien».
M. Richard Murphy, prédécesseur de M. Pelletreau sous Ronald Reagan, a également approuvé une ouverture en direction de l’Iran, estimant que les Etats-Unis étaient «coincés», notamment par la loi d’Amato.
Cette loi, qui prévoit des sanctions contre les compagnies américaines et étrangères qui investissent dans le secteur pétrolier iranien, a provoqué une levée de boucliers contre les Etats-Unis, accusés de chercher à imposer leur législation à l’étranger. (AFP)
La politique américaine de «double endiguement» contre l’Irak et l’Iran est dépassée et doit être modifiée, selon des experts du Proche-Orient réunis en colloque à Doha.La plupart des participants à la conférence, à laquelle participaient deux anciens hauts responsables du département d’Etat américain, ont prôné l’ouverture d’un dialogue avec l’Iran, mais n’ont pas pu trouver un terrain d’entente sur l’Irak.«Depuis 1993, les Etats-Unis maintiennent une politique de double endiguement à l’égard de l’Irak et de l’Iran, mais l’application d’une seule politique pour deux pays très différents doit être repensée», a estimé le chercheur américain Gary Sick, de l’université de Columbia (New York).En outre, selon lui, «cette politique a provoqué des conflits avec les amis et les alliés...