Cela étant, le dollar est demeuré confiné dans la même fourchette de fluctuation, telle qu’établie par la Banque du Liban (B.D.L.) pour achever la semaine, vendredi dernier, dans une marge élargie comprise entre 1526,50 et 1536,50 L.L. avec un taux moyen indicatif de 1531,50 L.L., contre 1527,00/1537,00 L.L. et un taux moyen indicatif de 1532,00 L.L. à la fin de la semaine se terminant au vendredi 17 octobre, soit en très léger repli de 0,03 en moyenne correspondant au taux d’appréciation de la livre pendant la même période.
Mais il n’en demeure pas moins que ce petit changement est intervenu après que la B.D.L. eut abaissé d’un demi-point son taux d’intervention à l’achat de 1527,00 à 1526,50 L.L., en un premier temps mardi, puis son taux à la vente dans une même proportion de 1537,00 à 1536,50 L.L., en un deuxième temps jeudi, pendant que les banques de la place continuaient à le négocier pratiquement dans une marge plus étroite, tout près du point supérieur d’intervention de celle-ci, soit entre 1536,00 et 1537,00 L.L., toute la semaine dernière, comme au courant de la semaine qui l’avait précédée.
Impact limité
de la crise asiatique
sur les changes
A l’étranger, les marchés des changes internationaux devaient être passagèrement secoués par la crise économique et financière qui avait frappé de plein fouet les bourses asiatiques et dans une moindre mesure les autres places européennes et américaine. Toutefois, l’impact de cette crise sur le dollar serait dû à l’ampleur des interventions de plusieurs banques centrales de Hong Kong, de Singapour, de Malaisie, d’Indonésie, de Thaïlande, des Philippines... en signe d’appui à leurs monnaies respectives. Ce phénomène, qui avait entraîné un surcroît d’offres du «billet vert» sur les marchés internationaux, ne tardait pas à exercer sur lui quelques pressions en faveur du deutsche mark et du franc suisse jugés moins imbriqués que le dollar dans cette tourmente sous le rapport du degré d’engagement de leurs pays respectifs dans le Sud-Est asiatique.
Toutefois, après le retour à un certain calme sur les places asiatiques à la veille du week-end, les opérateurs sur les marchés américain et européens se sont rendus compte que leur réaction contre le dollar était psychologique et ne préjugeait en rien de sa future orientation qui reste tributaire des fondamentaux de l’économie des deux côtés de l’Atlantique et du Pacifique. En effet, on a commencé donc, dès vendredi dernier, à se tourner vers les données économiques devant déterminer la tendance des taux d’intérêt aussi bien aux Etats-Unis qu’en Allemagne et en Grande-Bretagne. A cet égard, experts et analystes financiers continuaient à miser sur un éventuel resserrement de la politique monétaire américaine et britannique sur fond de surchauffe économique, lors des deux réunions du comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre et de celui de l’open market de la Réserve fédérale les 6 et 11 novembre prochain respectivement.
En outre, l’annonce d’un ralentissement de la croissance de l’agrégat monétaire (M3) en Allemagne à 5,2% en septembre contre 5,8% en août, conjugué à une baisse des prix de 0,3% contre une hausse de 0,1% pendant la même période, est venue exclure toute perspective de relèvement des taux d’intérêt germaniques. Cette conviction a été renforcée, vendredi dernier, par une déclaration dans ce sens par un membre de la Bundesbank, Ernst Welteke, estimant que «la masse monétaire en Allemagne et l’indice des prix ne vont pas dans une direction qui obligerait l’institut d’émission germanique à relever une nouvelle fois les taux».
Eu égard à toutes ces considérations, le dollar ne tardait pas à renouer, quoique prudemment, avec la hausse à la fin de la semaine dernière, sauf contre le sterling et le franc suisse, tous les deux soutenus par les perspectives de relèvement de leurs loyers respectifs, le premier pour juguler l’inflation en Grande Bretagne et le second pour faire aligner les taux helvétiques sur les taux allemands après la récente augmentation de 3,00 à 3,30% du «Repo rate» germanique. C’est ainsi qu’à New York, le «billet vert» s’est négocié en clôture, vendredi dernier, en comparaison avec sa clôture à la fin de la semaine se terminant au vendredi 17 octobre, comme suit:
— 1,6335 pour un sterling contre 1,6165, en baisse de 1,46%.
— 1,7730 D.M. contre 1,7720, en légère hausse de 0,06%.
— 1,4705 F.S. contre 1,4740, en baisse de 0,24%.
— 5,9505 F.F. contre 5,9415, en hausse de 0,15%.
— 1735,00 lires contre 1729,00, en hausse de 0,35%.
— 121,90 yen contre 120,65, en hausse de 1,04%.
Rude chute
de l’or
L’or n’a pas pu retrouver son rôle de «valeur-refuge» la semaine dernière avec la tempête monétaire qui a secoué les marchés financiers internationaux partant du Sud-Est asiatique. Sa tendance a été déterminée par les nouvelles, non démenties, faisant état que le gouvernement fédéral suisse s’apprêterait à vendre une grande partie des réserves d’or de la Banque nationale suisse, estimée à quelque 1400 tonnes, afin de financer un fonds spécial d’aide aux sinistrés dans le monde et aux victimes du nazisme. Dans cette crainte, nombre d’opérateurs et plusieurs fonds d’investissement internationaux ont estimé devoir se dégager précipitamment sur le métal jaune. En effet, ses prix ne tardaient pas à dégringoler pour frôler le seuil critique des 300,00 dollars l’once, avant d’achever la semaine, à New York, à 307,30 dollars contre 324,30 dollars à la fin de la semaine se terminant au vendredi 17 octobre, en forte baisse de 5,24% en moyenne.
Par sympathie, l’argent-métal, qui semblait résister tant bien que mal à cette influence baissière en provenance de l’or, devait finalement s’aligner sur la tendance générale des métaux précieux, clôturant à New York, vendredi dernier, à 4,7590 dollars l’once contre 4,9240 dollars à la fin de la semaine se terminant au vendredi 17 octobre, en baisse de 3,35% en moyenne.
Elie KAHWAGI

