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Actualités - Analyse

Prorogation du mandat présidentiel: les motivations d'un refus

Pourquoi le président Elias Hraoui refuse-t-il catégoriquement de proroger son mandat à la tête de l’Etat alors que les circonstances régionales qui l’ont incité dans le passé à le faire n’ont pratiquement pas changé?
Les personnalités politiques, qui s’interrogent à ce sujet, rappellent dans ce cadre les faits suivants:
— La conjoncture régionale et internationale née de la guerre du Golfe, a fait de la Syrie le seul grand électeur au Liban depuis l’assassinat du président René Moawad.
— Lors de la prorogation du mandat présidentiel en 1995, on espérait que les progrès dans le processus de paix au Proche-Orient draineraient au Liban les capitaux nécessaires à l’amélioration de la situation socio-économique et financière dans le pays. Au moment de conclure la paix, on pensait aussi que le Liban serait exonéré au moins d’une partie de ses dettes.
— Les leaders politiques et les députés qui, au début, s’opposaient fermement à l’idée d’une prolongation du mandat présidentiel, se sont rétractés par la suite après avoir été persuadés de la nécessité d’une telle mesure.
— On prévoyait aussi à l’époque une réduction du déficit budgétaire et du service de la dette, de sorte que les finances de l’Etat étaient destinées à connaître une amélioration certaine à l’issue des trois ans de prorogation.
— Le président Hraoui était convaincu qu’il parviendrait à faire approuver les amendements constitutionnels qu’il avait proposés ainsi qu’une nouvelle loi sur le statut personnel pavant la voie à la laïcisation totale du pays.
— Les relations harmonieuses entre les trois présidents, notamment entre le chef de l’Etat et le Premier ministre Rafic Hariri. Premier à mener campagne en faveur d’une prolongation du mandat de M. Hraoui, le président du Conseil estimait alors que celui-ci était l’un des meilleurs présidents de la République que le Liban avait eus.

La conjoncture actuelle

Si le président Hraoui refuse d’ores et déjà l’idée d’une nouvelle prorogation, c’est que, selon lui, les circonstances régionales et internationales ont changé. La Syrie ne serait plus aujourd’hui le seul grand électeur au Liban. De ce fait, les Etats-Unis contribueraient eux aussi au choix du prochain président de la République. Quant au processus de paix, rien ne permet d’espérer un progrès substantiel au niveau des deux volets libanais et syrien. La crise semble au contraire persister à l’ombre de l’obstination manifestée à cet égard par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
En toute logique, dans un tel contexte, la situation socio-économique et financière du pays devrait empirer. En effet, les opérations militaires de l’Etat hébreu contre le Liban-Sud découragent les investisseurs potentiels; ce qui ne manquera pas de se répercuter sur le déficit du budget de plus en plus grevé par le service de la dette. Pour tout dire, le pays risque aujourd’hui une catastrophe sans précédent.
En neuf ans de pouvoir, le président Hraoui n’a guère réussi à amender la Constitution comme il l’entendait, ni à faire approuver une nouvelle loi sur le statut personnel. Il ne verrait donc aucune utilité à une deuxième prorogation de son mandat, si ses suggestions n’étaient pas prises en compte a priori. Visiblement, M. Hraoui n’est plus disposé non plus à faire des concessions sous prétexte de veiller à la cohésion de la troïka.
De toute manière, les pronostics concernant une éventuelle prorogation du mandat présidentiel ne sont guère encourageants jusqu’à présent. En effet, le Premier ministre Hariri y est totalement opposé. Le président Nabih Berry ne s’est pas encore prononcé à ce sujet, et le flou total caractérise jusqu’à nouvel ordre l’attitude de la Syrie, en attendant sans doute de savoir quels seront les grands électeurs qui participeront au choix du nouveau président.
Entre-temps, la crise socio-économique ayant atteint des proportions excessivement dangereuses, et le pays n’étant plus à même de supporter les conséquences de nouveaux conflits au sein de la troïka, l’élection du président de la République dans les délais devient de plus en plus problématique. Selon certains observateurs, si le canon avait imposé un scrutin anticipé sous le mandat du président Sleiman Frangié, il pourrait en être de même actuellement, si la Livre libanaise venait à s’effondrer.

E.K.
Pourquoi le président Elias Hraoui refuse-t-il catégoriquement de proroger son mandat à la tête de l’Etat alors que les circonstances régionales qui l’ont incité dans le passé à le faire n’ont pratiquement pas changé?Les personnalités politiques, qui s’interrogent à ce sujet, rappellent dans ce cadre les faits suivants:— La conjoncture régionale et internationale née de la guerre du Golfe, a fait de la Syrie le seul grand électeur au Liban depuis l’assassinat du président René Moawad.— Lors de la prorogation du mandat présidentiel en 1995, on espérait que les progrès dans le processus de paix au Proche-Orient draineraient au Liban les capitaux nécessaires à l’amélioration de la situation socio-économique et financière dans le pays. Au moment de conclure la paix, on pensait aussi que le Liban serait...