Loin d’être une institution en déclin, le Commonwealth reste une force influente du monde moderne, a indiqué le premier ministre britannique Tony Blair.
C’est le message qu’il entend marteler, avec la fougue caractéristique du nouveau Parti travailliste (au pouvoir), lors du sommet des 54 chefs d’Etat et de gouvernement de l’organisation qui débute vendredi à Edimbourg.
Le Commonwealth «est plus nécessaire aujourd’hui qu’à aucune période de son histoire. C’est une organisation dont les principes moraux et les valeurs durables offrent la stabilité dans un monde plus dangereux», rappellera le premier ministre.
Cette nouvelle approche est en contraste total avec l’attitude du gouvernement britannique il y a une génération, lorsque le Commonwealth n’était qu’une priorité secondaire dans le schéma global de Londres.
Mais l’émergence sur la scène mondiale, en particulier au niveau économique, de pays du Commonwealth tels que l’Inde, la Malaisie, Singapour et l’Afrique du Sud, ont modifié sensiblement cette perception.
Alors que dans le passé, des pays comme l’Afrique du Sud et le Pakistan avaient quitté l’organisation, il existe maintenant une liste d’attente pour en devenir membre.
Le Pakistan et l’Afrique du Sud sont revenus dans le giron du Commonwealth et le Rwanda, le Yémen et l’Autorité palestinienne frappent à la porte.
L’Autorité palestinienne de Yasser Arafat n’a aucune chance d’être admise car une condition indispensable pour adhérer est d’être un Etat souverain.
Le Rwanda et le Yémen pourraient avoir une chance, mais aucun de ces deux pays ne remplit totalement les critères d’adhésion: démocratie politique, respect des droits de l’homme et de l’Etat de droit.
Ils seront sans doute écoutés avec sympathie, mais rien de plus.
Lors de son dernier sommet à Auckland (Nouvelle-Zélande), en 1995, le Cameroun et le Mozambique avaient été admis, le Cameroun en raison de ses anciens liens coloniaux avec la Grande-Bretagne, et le Mozambique pour son implication historique dans la lutte contre le régime minoritaire blanc de la Rhodésie, devenue depuis le Zimbabwe.
Avantages économiques
On peut s’interroger sur l’attraction qu’exerce le Commonwealth sur des pays tels que le Rwanda et le Yémen, qui ont apparemment peu de choses en commun avec la majorité des membres de l’organisation composée principalement de pays indépendants issus de l’ancien empire britannique.
La réponse réside dans les avantages économiques et commerciaux résultant de la participation à une organisation qui regroupe une population de 1,7 milliard d’habitants.
Les pays du Commonwealth réalisent 20% des échanges commerciaux mondiaux, un chiffre en croissance.
Ses dirigeants apprécient également les contacts personnels et le réseau qui naît de l’adhésion au Commonwealth: il existe peu d’autres forums internationaux au sein desquels certains des plus petits pays du globe côtoient des géants tels que l’Inde et trouvent parfois auprès d’eux une oreille attentive.
«Tout cela amène les pays membres à reconsidérer la valeur de leur engagement au sein du Commonwealth de manière plus positive», estime le secrétaire général de l’organisation, Emeka Anyaoku, dans le rapport qu’il présentera au sommet d’Edimbourg, dont le thème sera le commerce et l’investissement.
Son grand espoir est que le sommet ne souffre pas de querelles politiques, notamment à propos du Nigeria, contre lequel la Grande-Bretagne souhaiterait voir appliquer des sanctions plus fortes, une position qui n’est pas soutenue par de nombreux pays africains. (AFP)

