Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Le Nigeria sous la menace de nouvelles sanctions au sommet du Commonwealth


Le régime militaire nigérian, mis au ban de la communauté internationale pour sa politique des droits de l’homme, demeure sous la menace de nouvelles sanctions du Commonwealth, dont le sommet s’ouvre vendredi à Edimbourg.

Si Londres, dont la voix est prépondérante au sein de l’organisation, s’en tient à sa ligne de «diplomatie éthique» récemment affichée par le gel symbolique de deux contrats d’armes avec l’Indonésie, le Nigeria n’a, en effet, rien de bon à attendre du sommet d’Edimbourg.
En cas de nouvelles sanctions, le Nigeria pourrait décider de se retirer du Commonwealth, estiment certains observateurs.
Il est «décevant» que l’on «continue à tort de dépeindre le Nigeria comme un pays où le déni des droits de l’homme a été institutionnalisé» alors qu’il est engagé résolument vers la démocratisation, a déclaré récemment le général Sani Abacha, convaincu de la bonne foi de son gouvernement.
Il a d’ailleurs réaffirmé l’engagement solennel de son administration à restituer le pouvoir aux civils en octobre 1998.
Mercredi, le Nigeria espérait encore faire admettre une délégation au sommet d’Edimbourg pour faire entendre sa position et «ne pas être jugé en son absence». Il a adressé une demande en ce sens au secrétaire général du Commonwealth, le Nigérian Emeka Anyaoku.
Aux opposants nigerians qui l’ont qualifié de «dictateur de l’âge de pierre» le général Abacha a toujours rétorqué que l’ordre, la paix, et la stabilité, des objectifs primordiaux, aujourd’hui rétablis, selon lui, dans le pays, n’auraient pu être atteints sans une politique de fermeté.
Le Nigeria s’est vu imposer une série de sanctions, dont sa suspension du Commonwealth, une mesure sans précédent, après l’exécution en novembre 1995 de l’écrivain et opposant Ken Saro-Wiwa, et de huit de ses compagnons du mouvement pour la défense de la minorité ogonie (sud) qui a scandalisé la communauté internationale.

Groupe d’action
ministérielle

Le gouvernement britannique de John Major avait qualifié ces exécutions de «meurtre judiciaire». Accusés de meurtres, Ken Saro-Wiwa et ses compagnons avaient été condamnés à mort par un tribunal spécial, à l’issue d’un procès controversé au long duquel ils avaient proclamé leur innocence. Ils avaient été pendus le 10 novembre à Port Harcourt (Sud), en dépit des appels à la clémence venus du monde entier, alors que s’ouvrait, à Auckland (Nouvelle-Zélande), le dernier sommet du Commonwealth.
Le Commonwealth avait mis sur pied un Groupe d’action ministérielle (CMAG) chargé de mener au Nigeria une enquête sur la situation des droits de l’homme et soumettre ses recommandations avant d’envisager de nouvelles mesures.
Les militaires nigérians, qui ont justifié les exécutions de Port Harcourt, ont refusé l’entrée sur leur territoire à la délégation du CMAG exigeant, avant toute reprise du dialogue avec le Commonwealth, la levée de suspension considérée, selon eux, comme «injuste» et «arbitraire».
Une première rencontre entre une délégation du régime et le CMAG a finalement eu lieu à Londres, en juin 1996. Pour créer un climat de détente et rompre son isolement, Abuja y a fait quelques gestes d’ouverture: des opposants ont été libérés, l’habeas corpus aboli en 1994 a été reinstauré, une Commission nationale indépendante sur les droits de l’homme a été créée.
Autour d’une deuxième rencontre à Abuja, en novembre 1996, les militaires lâcheront encore du lest en libérant des opposants et proclamant la bonne foi de leur programme de démocratisation.
Jusqu’ici, et gârce à ses gestes d’ouvertures, le régime militaire aura réussi à repousser la menace de nouvelles sanctions.
Il sait également que la communauté internationale doit compter avec le poids géostratégique du Nigeria dans la région. Son rôle dans le récent règlement de la crise libérienne a été reconnu et salué. En imposant début octobre un embargo contre la Sierra Leone, le Conseil de Sécurité des Nations Unies a conforté, par ailleurs, la position du Nigeria qui s’est fait le champion du retour à la démocratie dans ce pays. (AFP)


Le régime militaire nigérian, mis au ban de la communauté internationale pour sa politique des droits de l’homme, demeure sous la menace de nouvelles sanctions du Commonwealth, dont le sommet s’ouvre vendredi à Edimbourg.Si Londres, dont la voix est prépondérante au sein de l’organisation, s’en tient à sa ligne de «diplomatie éthique» récemment affichée par le gel symbolique de deux contrats d’armes avec l’Indonésie, le Nigeria n’a, en effet, rien de bon à attendre du sommet d’Edimbourg.En cas de nouvelles sanctions, le Nigeria pourrait décider de se retirer du Commonwealth, estiment certains observateurs.Il est «décevant» que l’on «continue à tort de dépeindre le Nigeria comme un pays où le déni des droits de l’homme a été institutionnalisé» alors qu’il est engagé résolument vers la...