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Actualités - Chronologie

La Russie réintègre à l'essai le cartel mondial du diamant

La Russie va réintégrer, demain mardi, après des mois de brouille, le cartel mondial du diamant dirigé par le géant sud-africain De Beers, mais les analystes s’interrogent sur la longévité de cette alliance de raison.
De Beers et la société russe Almay Rossii-Sakha (Alrosa) doivent signer mardi à Moscou un nouveau contrat, scellant la réconciliation entre le premier négociant mondial de diamant et le deuxième producteur de la planète (après De Beers).
L’accord prévoit que De Beers achètera en exclusivité la majorité des diamants extraits par Alrosa dans ses mines de Iakoutie (Sibérie). Alrosa assure la quasi totalité de la production diamantaire russe.
De Beers achètera à Alrosa un minimum annuel de 550 millions de dollars de diamants, et un maximum d’un peu plus d’un milliard de dollars, alors que la société russe a produit l’an dernier l’équivalent de 1,3 milliard de dollars de brillants, a indiqué son président Viatcheslav Chtyrov.
Le précédent contrat, signé en 1990 à l’époque soviétique, a expiré en décembre 1995, pour être suivi par des mois de négociations laborieuses, de méfiance et d’accusations réciproques.
Les pourparlers ont abouti, mais les parties ont choisi de limiter la durée du nouveau contrat à un peu plus d’un an, jusque fin 1998.
Un porte-parole de De Beers à Londres, Joan Braune, a laissé entendre qu’il s’agissait d’une période probatoire.
«Nous ne signerions pas un contrat si nous n’espérions pas qu’il puisse être renouvelé, mais nous devons attendre de voir comment il sera appliqué à court terme», a-t-elle déclaré.

Sécurité

La méfiance de De Beers s’explique sur le souvenir des années noires 1995-1996, quand le marché a été inondé par des diamants russes écoulés en violation de l’accord d’exclusivité avec De Beers, provoquant un effondrement des cours. De Beers avait, en représailles, coupé les ponts au début de l’année avec Alrosa.
Les Russes ont longtemps hésité à reprendre leur place dans le cartel De Beers, qui rogne leurs bénéfices en les obligeant à passer par un intermédiaire.
Ils ont finalement choisi de jouer la sécurité, la position dominante de De Beers garantit un cours stable pour le diamant, mais cette décision pourrait n’être que temporaire.
«La question est toujours à l’examen en Russie et je soupçonne que le contrat signé mardi avec De Beers sera le dernier», dit Mark Cuckle, rédacteur en chef de la revue Diamond International.
«Les Russes savent qu’ils sont le second producteur mondial et ils ont l’impression qu’ils pourraient gagner plus d’argent sans De Beers», dit-il.
La Russie souhaite abandonner son statut de simple exportateur de matières premières et encourager son industrie de taillage du diamant en lui fournissant davantage de pièces brutes, comme Israël l’a fait avec succès dans le passé, ajoute M. Cuckle.
L’association des producteurs russes de diamant n’a pas ménagé ses critiques contre le nouvel accord avec De Beers, présenté comme «contraire aux intérêts de la Russie».
Alrosa a obtenu de De Beers certaines concessions auxquelles la société russe tenait. Le pourcentage total de diamants bruts qu’elle pourra exporter sans passer par la centrale de vente de De Beers (CSO) devrait passer de 5% de sa production à environ le double, selon des indications concordantes.
L’accord devrait instituer un «comité d’observation conjoint», associant Alrosa au contrôle du marché mondial et à la définition des prix.
De Beers a obtenu des garanties sur le fait qu’il acquérera le meilleur de l’exploitation des mines de diamants russes, après s’être plaint dans le passé de recevoir des pièces de qualité inférieure à ce qui lui avait été promis. (AFP)
La Russie va réintégrer, demain mardi, après des mois de brouille, le cartel mondial du diamant dirigé par le géant sud-africain De Beers, mais les analystes s’interrogent sur la longévité de cette alliance de raison.De Beers et la société russe Almay Rossii-Sakha (Alrosa) doivent signer mardi à Moscou un nouveau contrat, scellant la réconciliation entre le premier négociant mondial de diamant et le deuxième producteur de la planète (après De Beers).L’accord prévoit que De Beers achètera en exclusivité la majorité des diamants extraits par Alrosa dans ses mines de Iakoutie (Sibérie). Alrosa assure la quasi totalité de la production diamantaire russe.De Beers achètera à Alrosa un minimum annuel de 550 millions de dollars de diamants, et un maximum d’un peu plus d’un milliard de dollars, alors que la...