L’ouvrage, destiné à l’année scolaire 1997-1998, a pour thème central les cinquante ans de la proclamation de l’Etat, en mai 1948.
Mais le directeur général du ministère de l’Education nationale, M. Ben Tzion Dal, a annoncé le retrait du livre après la vague de réprobation qu’il avait provoquée en Israël.
«Pour avoir présenté les cinquante ans de l’Etat sans évoquer deux événements aussi importants et signifiants ayant marqué l’histoire d’Israël, le livre manque d’envergure, ignore l’histoire, et partant il n’est pas propre à être utilisé dans les écoles», a déclaré M. Dal dans un communiqué.
Il a ajouté avoir pris la décision du retrait bien que le livre ne soit pas un manuel de base dans l’enseignement et que sa publication ne suppose pas l’autorisation d’une quelconque commission.
Le livre, une anthologie de récits pour jeunes, omet le meurtre du premier ministre par un extrémiste de droite, le 4 novembre 1995, ainsi que toute référence au processus de paix israélo-arabe.
Il reprend les stéréotypes sur les Arabes, accusés de vouloir détruire Israël, et ne dit rien sur l’«intifada», la révolte palestinienne contre l’occupation israélienne (1987-93), ni sur les traités de paix conclus avec l’Egypte (1979) et la Jordanie (1994).
Des députés de l’opposition travailliste ont exigé le retrait du manuel et saisi de l’affaire la commission de l’Education. Le syndicat des instituteurs a appelé au boycottage de l’ouvrage.
«Cette omission est un scandale. On cherche à faire passer sous silence le meurtre de Rabin qui est la plus grande catastrophe qu’ait connue le pays, ainsi que l’aspiration à la paix d’Israël», a déclaré à la radio le président du syndicat des instituteurs Abraham Ben Shohat.
La paix trop
compliquée
L’auteur de l’anthologie, Mme La Hovev, a affirmé n’avoir pas trouvé de récits évoquant le meurtre de Rabin et estimé qu’il était «trop compliqué» d’expliquer aux enfants le processus de paix.
Le ministre de l’Education est M. Zvouloun Hammer, chef du Parti national religieux (PNR), l’émanation politique des colons.
Son prédécesseur, Amnon Rubinstein, du parti laïc de gauche Meretz, a estimé que l’affaire était «une honte pour le ministère de l’Education et ceux qui sont à sa tête». «C’est le gouvernement israélien qui a signé les accords d’Oslo (sur l’autonomie palestinienne) et c’est pour cela que Rabin a été tué», a-t-il dit. (AFP)


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