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Actualités - Chronologie

Thomson-Alcatel : interrogations sur le management et l'actionnariat

La décision du gouvernement d’adosser Thomson-CSF au groupe Alcatel Alsthom suscite des interrogations sur la répartition du pouvoir et le pilotage de la nouvelle entité, déclarent mardi les spécialistes du secteur interrogés par Reuter.
Ils soulignent que le schéma retenu, qui prévoit des apports d’actifs en échange d’une part de capital, entraînera une dilution du résultat du groupe d’électronique de défense en 1998.
Certains ajoutent que Lagardère, qui avait les préférences du précédent gouvernement, est le grand perdant et risque de voir ses partenaires européens British Aerospace et Dasa le délaisser pour se rapprocher de Thomson.
Les titres des différents groupes concernés par l’affaire évoluent de manière contrastée.
Vers 11h50, Thomson perd 1,16% à 187,3 FF après avoir évolué entre 182 et 195 dans 311.000 pièces.
Lagardère cède 4,58% à 181,3 FF après un plus bas à 177 FF (504.000 titres). Alcatel gagne 1,64% à 808 FF après un plus haut à 814 FF (390.000 pièces).
Dassault Electronique dont les actifs seront apportés à Thomson en échange d’une participation pour Dassault Industries de concert avec Alcatel, gagne 9,88% à 623 FF (51.800 pièces). Le titre a dû être brièvement réservé à la hausse.
Le gouvernement a annoncé lundi soir le regroupement autour de Thomson de l’électronique spatiale et de défense et la communication militaire d’Alcatel, ainsi que l’électronique professionnelle et de défense de Dassault Electronique et les activités satellites d’Aerospatiale. L’Etat conservera plus de 35% du capital et 30% resteront en Bourse. Alcatel et son allié Dassault devraient obtenir une participation de l’ordre de 25%.
Ce schéma suscite des interrogations parmi les analystes qui suivent ces différentes valeurs.

D’autres intégrations

«Ce qu’on peut dire pour l’instant, c’est qu’il s’agit d’une première étape, qu’il y aura un impact dilutif sur le résultat de Thomson et qu’il s’agit peut-être d’un moyen pour Alcatel de sortir des activités militaires», explique Denis Branche, analyste à la société de Bourse Cholet-Dupont.
Il estime que «la principale interrogation au sujet de Thomson est de savoir qui sera l’actionnaire de référence et qui assurera le management».
Jean-Marc Buchet, de chez Ferri, souligne lui-aussi que la question du management sera cruciale. Il estime que Thomson-CSF pourrait atteindre 220 FF avec un nouveau PDG. L’actuel, Marcel Roulet, n’a jamais caché son désir de partir dès la mise en route de la procédure d’ouverture du capital de la société.
Pour Jean-Marc Buchet, le gouvernement a privilégié l’effet de taille en choisissant Alcatel. «En fait, l’opération est bonne pour Thomson-CSF, qui conserve un peu son autonomie, son indépendance».
Il s’interroge en revanche pour Alcatel, en soulignant que ce groupe détient déjà 40% de Framatome, 50% de GEC-Alsthom et bientôt 25% de Thomson. Il explique que le marché aurait préféré qu’Alcatel vende ses activités militaires.
Une analyste d’une grande banque française estime que les actifs d’Alcatel sont bien valorisés dans le cadre de cette opération mais elle s’interroge sur la pertinence du rapprochement. «Les synergies existent mais elles ne représentent qu’un tiers du chiffre d’affaires de Thomson», déclare-t-elle.
Elle justifie la hausse de Dassault Electronique par la perspective d’une sortie pour les minoritaires, l’ensemble des actifs devant être apportés à Thomson-CSF. Elle dit s’attendre à une offre publique d’achat ou une offre d’échange.
Pour Lagardère, la plupart des analystes jugent qu’il s’agit d’un échec. «Il rêvait du réseau commercial de Thomson, qui est plus important que le sien, pour développer son activité», dit l’un d’eux.
Si personne ne prédit la disparition de Lagardère, un spécialiste du secteur souligne qu’il court le risque d’être délaissé par ses partenaires européens. Certains évoquent la possibilité d’une alliance à trois avec British Aerospace et Dasa.
D’autres estiment que les regroupements autour de Thomson ne sont pas terminés et que les missiles de Lagardère pourraient être intégrés plus tard si Jean-Luc Lagardère accepte de ne pas avoir le pouvoir. (Reuter)
La décision du gouvernement d’adosser Thomson-CSF au groupe Alcatel Alsthom suscite des interrogations sur la répartition du pouvoir et le pilotage de la nouvelle entité, déclarent mardi les spécialistes du secteur interrogés par Reuter.Ils soulignent que le schéma retenu, qui prévoit des apports d’actifs en échange d’une part de capital, entraînera une dilution du résultat du groupe d’électronique de défense en 1998.Certains ajoutent que Lagardère, qui avait les préférences du précédent gouvernement, est le grand perdant et risque de voir ses partenaires européens British Aerospace et Dasa le délaisser pour se rapprocher de Thomson.Les titres des différents groupes concernés par l’affaire évoluent de manière contrastée.Vers 11h50, Thomson perd 1,16% à 187,3 FF après avoir évolué entre 182 et 195...