Quelles que soient les explications diplomatiques pour le présenter, le Pentagone ne pourra empêcher que l’on rappelle à ce propos le projet, lancé le 23 mars 1983 par l’ancien président Ronald Reagan contre les missiles de l’ennemi d’alors, l’URSS.
Après d’autres, relativement peu nombreux autant qu’on le sache, dirigés contre des missiles au sol ou en l’air, ce nouvel essai visera un satellite américain en fin de vie.
Revêtu aujourd’hui des habits de la lutte contre les missiles tactiques, comme les SCUD de la guerre du Golfe, la mise au point des technologies de destruction en vol de satellite ou de misiles à l’aide de laser à partir du sol procède toujours de la volonté des militaires d’utiliser l’espace comme champ de manœuvre ou d’opérations.
La conquête spatiale sortait tout juste des limbes, à la fin des années cinquante, qu’à Moscou comme à Washington, on pensait mettre des bombes atomiques en orbite, disposer des satellites espions, lancer des charges nucléaires à l’aide de missiles intercontinentaux... Tout fut fait, sauf les bombes orbitales.
Aveugle et sourd
Coûteuses, complexes, en amélioration constante, les technologies laser pouvaient être utiles pour transposer dans l’espace des conflits qu’on voulait éviter à terre. Le «rayon de la mort» ne devait plus détruire les hommes, mais rendre les états-majors inopérants. Crever les yeux de l’adversaire ou le rendre sourd en détruisant ses satellites espions et brouiller l’ensemble de ses télécommunications, c’est aussi et toujours gagner la guerre...
Le dernier test laser connu, effectué de la base de White Sands, au Nouveau-Mexique, où se trouvent les installations d’essais des systèmes laser à haute énergie de l’US Army, a eu lieu, en coopération avec les Israéliens, le 9 février 1996, dans le cadre du programme Nautilus contre un missile à courte portée.
L’essai annoncé utilisera le même laser à infrarouge MIRACL (Mid infrared Advanced Chemical Laser) pour tester la vulnérabilité d’un satellite, en orbite à 456 km d’altitude, et mettre au point des moyens de protection des futurs satellites américains.
Rappelant les tirs laser à vocation scientifique, comme ceux effectués pour mesurer la distance terre-lune ou la position précise des continents ou la hauteur de l’Everest, les essais à partir du sol sont beaucoup plus simples à réaliser que depuis des avions. (AFP)

