«Le projet, qui s’achèvera en l’an 2004, permettra d’acheminer 4,4 milliards de m3 par an pour bonifier 400.000 feddans (168.000 ha) dans le nord-ouest du Sinaï», a déclaré à Samir Hachich, responsable exécutif du projet.
Ce projet a commencé il y a dix ans par la construction du canal d’al-Salam, long de 86 km et reliant Faraskour, dans le nord-est du Delta du Nil, à al-Kantara dans le Sinaï, grâce à quatre tunnels creusés sous le Canal de Suez.
Dans la péninsule du Sinaï, un autre canal prend le relais jusqu’à la région d’el-Arich, sur la Méditerranée. Long de 175 km, dont 85 sont déjà creusés, il est surnommé «Canal du cheikh Jaber» al-Ahmad al-Sabah, du nom de l’émir du Koweit qui, avec l’Arabie Séoudite, finance environ un tiers de l’ensemble du projet, dont le coût est estimé à 5,7 milliards de livres égyptiennes (1,6 milliard de dollars), selon M. Hachich.
Les 4,4 milliards de m3 d’eau par an alloués au projet n’affecteront pas la consommation dans le Delta, note M. Hachich, car «depuis 1995, nous avons réduit à 200.000 m3 par an la quantité d’eau du Nil déversée en Méditerranée alors qu’elle dépassait auparavant les 3 milliards de m3 par an». En outre, 2,3 milliards de m3 seront fournis par le traitement de l’eau d’irrigation usée dans le Delta.
Le président Hosni Moubarak doit ouvrir sous peu le robinet permettant d’acheminer 250.000 m3 d’eau par jour pour bonifier immédiatement 1.302 hectares à Sahl al-Tina, une des cinq régions du nord-ouest du Sinaï, avait annoncé récemment le ministre de l’Irrigation, Mahmoud Abou Zeid.
D’ici 2001, 111.300 hectares de terres seront rendus arables auxquels s’ajouteront 56.700 hectares lors d’une dernière étape qui s’achèvera en 2004.
Le nouveau Delta
Pour M. Hachich, la bonification des terres du Sinaï permettra également de compenser les paysans affectés par une nouvelle loi libéralisant le fermage et entrée en vigueur début octobre, puisque «3.360 hectares vont être attribués en particulier à cette catégorie de paysans».
Parallèlement, le canal d’al-Salam permettra de bonifier à terme 92.400 hectares du désert oriental égyptien entre le Delta et le Canal de Suez.
L’Egypte cherche à accroître sa superficie cultivée qui se limite actuellement à la vallée du Nil, au Delta et à quelques oasis, soit 6% de son territoire.
Elle a lancé en janvier des travaux de percement, dans le sud de son désert occidental, d’un canal dérivé du Nil en vue de créer un «nouveau Delta» et multiplier par six la superficie cultivable.
L’idée du canal d’al-Salam avait initialement été lancée par le président Anouar al-Sadate après la signature du traité de paix avec Israël en 1979 en vue d’acheminer de l’eau du Nil vers le Sinaï et aussi vers l’Etat hébreu, mais Sadate a ensuite renoncé à ce projet. (AFP)


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