Le gouvernement sud-coréen a choisi le missile portable sol-air français Mistral pour équiper son armée, a annoncé lundi le ministère de la Défense sud-coréen soulignant que le missile français était en concurrence avec ses rivaux américain et britannique, le Stinger et le Starburst.
Le communiqué, qui ne précise pas le montant du marché, indique que le ministre de la Défense a pris sa décision après avoir fait évaluer les produits concurrents.
Selon une source française à Seoul, le contrat concerne 1.294 missiles pour un prix de 1,8 milliard de francs (306,6 millions de dollars).
Matra avait déjà fourni à Seoul 1.000 Mistral lors d’un contrat précédent au début des années 1990.
«Notre décision a été basée sur une comparaison approfondie entre Mistral et d’autres concurrents et sur leur compatibilité avec nos systèmes», a indiqué un porte-parole qui n’a pas précisé pourquoi Seoul avait écarté les missiles Stringer.
Les missiles français seront livrés sur une période de 2 ans à partir du début 1998 afin d’améliorer le programme de missiles destiné à contrer d’éventuelles attaques de missiles nord-coréens.
La décision d’acheter des Mistral souligne le choix de Séoul de diversifier ses sources d’approvisionnement et d’acheter des armes à l’Europe et à la Russie qui ont fait des propositions avantageuses à la Corée du Sud en termes de prix et de transfert de technologie.
Depuis la guerre de Corée, la Corée du Sud était fortement dépendante des Etats-Unis pour l’entraînement, la logistique et la technologie.
Le matériel américain présentait l’avantage d’être compatible avec celui utilisé par les 37.000 soldats américains basés en Corée du Sud et d’être également compatible avec le matériel sud-coréen.
Lors de leur campagne en faveur des missiles Stinger, dans leur publicité pour les Stringer, les responsables américains avaient affirmé que des missiles non-américains pourraient accidentellement menacer des avions de combats des Etats-Unis en action dans la péninsule coréenne.
En juin, le Pentagone avait annoncé que la Corée du Sud avait proposé d’acheter 200 missiles Stinger et quatre avions de surveillance radar E-767 AWACS.
La Corée du Sud avait immédiatement démenti et indiqué qu’elle n’avait demandé à Washington que des informations de base.
La semaine dernière, le Pentagone avait informé le Congrès américain d’une vente potentielle de missiles air-air de moyenne portée 159 AIM-120 (AMRAAM) estimée à 90 millions de dollars.
Les responsables coréens avaient refusé de réagir à cette annonce.
Grâce à des échanges de technologie avec les Etats-Unis, Seoul a amélioré son système de défense aérien afin de faire face à la production de missiles de la Corée du Nord.
Selon des responsables du gouvernement sud-coréen, Pyongyang serait capable de produire 100 missiles Scud par an en utilisant une technologie soviétique. (AFP)

