Pendant cinq jours, quelque 4.300 délégués (dont plus de 2.800 Chinois) originaires de 88 pays consommateurs ou producteurs, vont plancher sur le thème choisi pour 1997: «Technologie et mondialisation — Emmener l’industrie pétrolière vers le XXIe siècle».
L’environnement bénéficie d’une mention particulière, avec pas moins de trois forums consacrés à sa protection.
En séance plénière, sera présentée plus particulièrement la situation pétrolière de certaines régions du monde: la Chine, bien sûr, mais aussi les pays riverains du Pacifique, la Russie. L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et les conséquences de l’évolution des transports au siècle prochain feront aussi l’objet d’un examen approfondi.
Le Congrès mondial du pétrole s’est réuni pour la première fois à Londres en 1933 et regroupe actuellement 47 pays. La prochaine réunion triennale aura lieu au Canada en l’an 2000.
La Chine, membre de l’organisation depuis 1979, est restée longtemps recroquevillée sur la prospection intensive de son sous-sol national. Mais elle a changé ces derniers mois son fusil d’épaule en concluant plusieurs contrats d’exploitation à l’étranger, notamment en Irak, au Pérou et au Vénézuela.
Dernier en date, un contrat de 9,5 mds de dollars, signé au nez et à la barbe des grandes compagnies américaines, avec le Kazakhstan voisin. Le contrat prévoit la construction d’un oléoduc long de 3.000 km pour acheminer une production attendue de 8 millions de tonnes par an de la Caspienne vers les champs pétrolifères du Xinjiang (nord-ouest de la Chine).
A terme, Pékin pourrait lancer la construction d’un autre oléoduc reliant ces champs aux zones consommatrices de l’est du pays.
Devenue importatrice nette de pétrole en 1993, la Chine voit ses besoins gonfler parallèlement au développement de son économie (environ +10% par an pour le PIB).
L’Empire du Milieu a importé 22,6 millions de tonnes de brut l’an dernier, plus environ 25 MT de produits raffinés, principalement du fuele. Pour 1997, les seules importations de brut devraient grimper à 30 MT, puis atteindre 50 MT vers l’an 2000.
Dans le même temps, la production nationale, qui atteindrait entre 165 et 167 MT en 1997, «aura beaucoup de mal à jamais vraiment dépasser ce chiffre, même en 2010 lorsque les besoins atteindront 300 MT», indique-t-on dans les milieux pétroliers occidentaux de Pékin.
Un coupable? La consommation, qui doit encore grimper d’au moins 4,8% cette année. Avec l’élévation généralisée du niveau de vie, les 1,2 milliard de Chinois ont désormais les moyens d’investir dans des appareils de chauffage modernes, des climatiseurs ou des automobiles, abandonnant petit à petit la brique de charbon utilisée traditionnellement à domicile pour la cuisine.
Le charbon reste cependant à 80% la source d’énergie de loin la plus utilisée, l’or noir ne dépassant pas 16% du bilan énergétique national. «Les Chinois considèrent la transformation du pétrole en électricité comme une hérésie», explique un expert européen. Selon lui, «ils n’utilisent le pétrole que quand ils ne peuvent faire autrement. Toute l’industrie reste dépendante du charbon, dont la Chine est l’un des premiers producteurs mondiaux». (AFP)

