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Actualités - Chronologie

Washington temporise en attendant une issue à l'affaire Total

Le gouvernement américain, pris entre la volonté de maintenir de bonnes relations avec la France et les pressions du Congrès républicain, temporise en attendant de trouver une porte de sortie dans l’affaire Total.
Après avoir indiqué la semaine dernière qu’il recherchait un compromis — sous la forme d’une dérogation aux sanctions prévues par la loi D’Amato — il a annoncé lundi qu’il envoyait des experts en France, en Russie et en Malaisie.
Outre le Français Total, deux autres sociétés, une Russe et une Malaisienne, sont associées dans le contrat gazier de deux milliards de dollars signé avec l’Iran.
Selon le département d’Etat, ces experts, qui n’ont pas encore été nommés, doivent déterminer, par l’examen des termes du contrat, si celui-ci tombe sous le coup de la loi D’Amato, du nom d’un sénateur républicain.
Celle-ci prévoit des sanctions contre toute entreprise étrangère qui investit plus de 20 millions de dollars par an dans les hydrocarbures en Iran ou plus de 40 millions dans le même secteur en Libye.
L’enquête «pourrait prendre du temps» car le gouvernement américain veut s’assurer que son dossier sera juridiquement inattaquable s’il décide d’appliquer des sanctions, a expliqué le porte-parole du département d’Etat James Rubin.
M. Rubin a pris soin de rappeler qu’«aucune décision n’a été prise» pour l’instant sur l’imposition de sanctions.

Dérogation

En visite à Paris, le secrétaire à la Défense William Cohen s’est lui aussi voulu rassurant. «La France est l’un de nos meilleurs alliés et nous entendons qu’elle le reste», a-t-il déclaré.
Mais lui aussi a refusé d’exclure la possibilité de sanctions: «S’il y a eu violation de la loi, nous appliquerons celle-ci», a-t-il affirmé.
La semaine dernière, le secrétaire d’Etat Madeleine Albright avait clairement indiqué que Washington cherchait le moyen de «mettre en œuvre une dérogation».
Aux termes de la loi D’Amato, le président Bill Clinton a la possibilité de surseoir aux sanctions et même de renoncer à en prendre s’il peut démontrer que les partenaires de Washington ont durci leur position envers Téhéran ou s’il invoque «l’intérêt national» des Etats-Unis.
Ce dernier argument est cependant difficile à plaider car la loi D’Amato, dans l’esprit de ses partisans au Congrès, visait précisément à protéger les intérêts américains en privant l’Iran et la Libye des moyens financiers de produire des armes nucléaires ou des missiles balistiques.
Le quotidien spécialisé «Journal of Commerce» affirmait hier que la Maison-Blanche allait demander aux Européens de donner quatre gages de fermeté envers Téhéran: un renforcement des contrôles sur les ventes à l’Iran de technologie civile pouvant avoir des applications militaires, la signature de conventions antiterroristes, une réduction du personnel des ambassades iraniennes en Europe et un arrêt du rééchelonnement de la dette iranienne.
Le magazine «Time» expliquait pour sa part les louvoiements de la position américaine par des dissensions entre le Conseil national de sécurité — dépendant de la Maison-Blanche — qui serait favorable à des sanctions et le département d’Etat qui souhaiterait éviter un conflit avec les Européens. (AFP)
Le gouvernement américain, pris entre la volonté de maintenir de bonnes relations avec la France et les pressions du Congrès républicain, temporise en attendant de trouver une porte de sortie dans l’affaire Total.Après avoir indiqué la semaine dernière qu’il recherchait un compromis — sous la forme d’une dérogation aux sanctions prévues par la loi D’Amato — il a annoncé lundi qu’il envoyait des experts en France, en Russie et en Malaisie.Outre le Français Total, deux autres sociétés, une Russe et une Malaisienne, sont associées dans le contrat gazier de deux milliards de dollars signé avec l’Iran.Selon le département d’Etat, ces experts, qui n’ont pas encore été nommés, doivent déterminer, par l’examen des termes du contrat, si celui-ci tombe sous le coup de la loi D’Amato, du nom d’un...