Le sous-secrétaire d’Etat pour les affaires économiques et agricoles Stewart Eizenstat a indiqué aux journalistes avoir transmis à M. Amr Moussa un message du secrétaire d’Etat Madeleine Albright sur «la nécessité de tenir la conférence de Doha et d’une participation de haut niveau du gouvernement et du secteur privé».
«Il est nécessaire de séparer les considérations politiques et la conférence économique, car les investisseurs désireux d’investir en Egypte et au Proche-Orient recherchent un climat de stabilité et veulent ressentir que les obstacles qui bloquent le processus de paix n’entravent pas leurs investissements», a-t-il affirmé.
Le responsable américain a indiqué que M. Moussa lui avait fait savoir que l’Egypte n’avait «pas encore arrêté de décision» quant à sa participation à la conférence, prévue du 16 au 18 novembre, dans la capitale de Qatar.
A Doha entre-temps, la police multiplie les contrôles d’identité et les fouilles de véhicules pour prévenir tout attentat à l’approche de la conférence.
Qatar a renforcé les mesures de sécurité dès le mois de juillet, bien avant d’avoir lancé, cette semaine, les invitations pour la conférence économique pour le Proche-Orient et l’Afrique du Nord, prévue du 16 au 18 novembre, ont indiqué des résidents à Doha.
Qatar a résisté à toutes les pressions arabes pour tenir la conférence aux dates prévues, mais l’opinion publique arabe ne l’approuve pas et les Qatariotes non plus.
A l’exception de certains hommes d’affaires, «le Qatariote moyen ne soutient pas cette conférence. Elle rencontre beaucoup de scepticisme», dit un diplomate occidental.
«Ils ont peur qu’on leur fasse un mauvais coup, a ajouté un autre diplomate. Une conférence gâchée par un attentat ne serait pas bonne pour leur image», a ajouté un autre.
Les visas ne sont plus délivrés qu’au compte-goutte aux ressortissants libanais, jordaniens et égyptiens, a indiqué un responsable qatariote. «Beaucoup de Palestiniens ont des passeports égyptiens ou jordaniens», a expliqué un diplomate européen.
A l’aéroport, ceux qui veulent accueillir des passagers n’ont plus accès à la salle d’attente et doivent faire le pied de grue sur le trottoir.
De fait, Qatar a retrouvé sa quiétude habituelle depuis une tentative de coup d’Etat en février 1996, attribuée à des partisans de l’ancien émir déposé par son fils Hamad Ben Khalifa al-Thani en juin 1995.
Depuis que l’émir s’est réconcilié avec son père en octobre 1996, la petite société qatariote (environ 150.000 citoyens) n’a plus de cause de divisions.
Depuis sa première édition, à Casablanca, la conférence économique grandit chaque année. En 1996 au Caire, elle avait rassemblé 3.000 participants venus de 92 pays. Qatar espère la même affluence. (AFP)

