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Actualités - Chronologie

Les espoirs des cubains sont au fond du panier de la ménagère

La poursuite des changements et réformes afin de sortir de la crise économique: tel est le souhait le plus cher des Cubains à la veille de l’ouverture du Ve congrès du Parti communiste (PCC, au pouvoir).
Sept années de crise n’ont pas seulement accumulé des besoins non satisfaits, des pénuries et des carences, mais surtout une fatigue générale du corps social qui s’exprime le plus communément dans le désintérêt.
Les reproches sur l’absence d’un chapitre consacré aux problèmes économiques quotidiens des Cubains dans le document préparatoire au congrès constituent le leitmotiv des 20.000 remarques recensées officiellement au cours des débats sur ce texte. Selon le PCC, 6,5 millions de personnes (soit 59% de la population) ont participé aux réunions de discussion du document dans les entreprises ou les quartiers.
C’est sans doute pour cette raison que les médias cubains (seuls les organes de presse officiels sont autorisés) se sont chargés ensuite d’expliquer que le congrès examinera une résolution économique pour tracer les lignes directrices de la politique des prochaines années en la matière.
Certes, personne n’espère que le congrès remplisse d’un coup de baguette magique le panier des ménagères cubaines. Depuis le début de la décennie, celles-ci ont reculé jusqu’à des limites insoupçonnées les frontières de l’imagination, de la débrouillardise et de la patience pour trouver la pitance quotidienne de la famille.
Cependant, le conclave peut donner une nouvelle impulsion à la série de changements qui ont donné en 1994 un coup d’arrêt à la chute en piqué de l’économie cubaine dû à l’effondrement du camp socialiste européen qui subventionnait l’île jusque là.

Embarras

A partir de 1993, les autorités cubaines ont autorisé la libre circulation du dollar, le travail à compte privé, l’ouverture des marchés de petits producteurs et artisans, le développement à rythme accéléré du tourisme et de l’investissement étranger, entre autres réformes très contrôlées.
Outre ses effets bénéfiques sur les grands indicateurs, ces aménagements ont profité directement aux économies de très nombreux ménages.
Si la société cubaine de 1993 était le royaume du désarroi, celle de 1997 est celle de la recherche d’un nouvel équilibre, au moins pour ceux qui ont renoncé définitivement à tout espoir de revenir à la situation antérieure à 1990.
Des études sociologiques distinguent trois attitudes des Cubains face au changement: ceux qui les assimilent et cherchent à travailler dans les secteurs les mieux rémunérés ou à recevoir des transferts en devises de membres de la famille installés à l’étranger.
Deux autres catégories adoptent des comportements moins positifs: les uns acceptent les changements mais préfèrent émigrer pour rechercher un mieux-être plus immédiat, les autres, enfin, rejettent catégoriquement les réformes et s’entêtent à espérer le retour au statu quo antérieur.
Ces deux derniers secteurs de la population sont en constante diminution et l’espoir le mieux partagé est de voir le congrès donner le feu vert à de nouvelles réformes permettant une amélioration du niveau de vie.
Le PCC est cependant dans l’embarras: les changements économiques ont provoqué des inégalités sociales qui, pour n’être pas criantes, n’en sont pas moins irritantes dans une société dont l’égalitarisme a été le dogme pendant des décennies. Les autorités doivent donc se fixer la tâche ardue de ranimer l’économie sans approfondir les inégalités. (AFP)
La poursuite des changements et réformes afin de sortir de la crise économique: tel est le souhait le plus cher des Cubains à la veille de l’ouverture du Ve congrès du Parti communiste (PCC, au pouvoir).Sept années de crise n’ont pas seulement accumulé des besoins non satisfaits, des pénuries et des carences, mais surtout une fatigue générale du corps social qui s’exprime le plus communément dans le désintérêt.Les reproches sur l’absence d’un chapitre consacré aux problèmes économiques quotidiens des Cubains dans le document préparatoire au congrès constituent le leitmotiv des 20.000 remarques recensées officiellement au cours des débats sur ce texte. Selon le PCC, 6,5 millions de personnes (soit 59% de la population) ont participé aux réunions de discussion du document dans les entreprises ou les...