Cette semaine, 28 clandestins roumains ont été appréhendés dans le Tyrol et ce type d’arrestations est quasi-quotidien. Au point que le ministre des Affaires étrangères Wolfgang Schussel a demandé, à la tribune de l’Assemblée générale des Nations Unies, la mise au point d’une convention internationale contre le système des passeurs clandestins.
L’Autriche demande que le trafic clandestin d’êtres humains soit qualifié de crime international et que les Etats s’engagent à une meilleure coopération.
La France a été le dernier pays de l’UE à approuver l’adhésion de l’Autriche à l’accord de Schengen sur la suppression graduelle des contrôles aux frontières communes de l’Union européenne (UE).
A partir d’avril prochain, Vienne va donc être membre de plein droit des accords de Schengen, qui l’obligeront aussi à surveiller pour le compte de l’Union européenne la frontière séparant l’UE de l’Europe de l’est.
C’est là que la tâche se complique: ce pays n’a pas de tradition de lutte contre l’immigration clandestine, car le Rideau de Fer de l’époque des régimes communistes empêchait toute émigration massive.
L’Autriche a en outre encore peu de moyens techniques et doit surveiller environ 1.300 kilomètres.
Or, il ne se passe pas une semaine, sans que des clandestins en provenance des Balkans, en majorité des Roumains, franchissent la frontière.
Un flot
C’est un véritable flot: en 1996, 14.000 étrangers en situation illégale ont été emprisonnés, la majorité ayant ensuite été expulsés.
En général, 10.000 clandestins tentant de franchir la frontière sont interpellés chaque année. Pour le seul mois d’août, ils étaient 1.121.
Leur but est le plus souvent de filer vers l’Ouest, en premier lieu l’Allemagne.
Cette semaine encore, 14 Afghans, dont sept enfants de 2 à 7 ans, ont été arrêtés dans une gare à 650 kilomètres à l’ouest de Vienne et leur parcours rappelle celui de milliers de prédécesseurs: conduits par un passeur en camion et en bus à travers la Turquie et la Hongrie, ils ont franchi la frontière autrichienne et ont pris un train.
Les arrestations se succèdent: 27 Kurdes le 7 septembre, 31 Roumains le 27 août, dont l’un a été grièvement blessé par un gendarme, 21 Roumains une semaine plus tôt, 27 autres le 19 août, etc.
L’Autriche, qui prévoit 3.060 gendarmes spécialisés dans la lutte contre l’immigration dès l’entrée en vigueur de Schengen, se voit régulièrement reprocher par l’Allemagne de ne pas bien contrôler ses frontières.
Elle dispose de 21 hélicoptères des douanes et vient de se doter de deux hélicoptères pour vols nocturnes, munis de caméras pour détecter la chaleur d’un corps humain, de nuit dans une forêt.
Elle compte acheter 40 véhicules capables également de détecter par la chaleur des êtres humains dissimulés dans des véhicules.
Le ministère de l’Intérieur a en outre décidé de la construction à l’aéroport de Vienne de conteneurs en préfabriqué, pouvant abriter jusque 150 étrangers illégaux en voie d’expulsion. Ils seront opérationnels dans un an et ont été immédiatement qualifiés par les Verts d’«idée de fou».
Et il n’y a pas que les clandestins à contrôler: les douanes ont saisi l’autre jour 90.000 disques compacts pirates d’une valeur de 2,2 millions de dollars, fabriqués en République tchèque et qui étaient destinés aux Pays-Bas. (AFP)

