L’agence officielle Antara a annoncé mardi que, parmi les nouveaux foyers d’incendie qui ont éclaté en Indonésie au cours des dernières 24 heures, Lombok, l’une des îles de la Petite Sonde, dans une région jusqu’à présent épargnée, était à son tour touchée.
La zone atteinte par l’incendie dans cette île, elle-même très touristique et séparée de Bali par un étroit bras de mer, est celle du Parc National du mont Rinjani.
Avec ce nouveau foyer, les incendies, auxquels une sécheresse exceptionnelle donne une dimension de catastrophe, font désormais rage sur les principales îles qui constituent l’Indonésie.
Outre Sumatra et Kalimantan (la partie indonésienne de l’île de Bornéo), où les foyers allumés pour dégager à peu de frais l’espace nécessaire aux plantations industrielles ont échappé à tout contrôle, Sulawesi (Célèbes) est aussi touché.
A l’extrême-est, l’Irian Jaya, la province indonésienne de Nouvelle-Guinée, dont l’accès est étroitement contrôlé par les autorités, est également frappée, et le Parc Lorentz, sur les pentes du mont Jaya, qui culmine à plus de 4.000 mètres, est atteint par les flammes.
Depuis début septembre, 290 personnes, selon les autorités, sont décédées en Irian Jaya de malnutrition et de maladies digestives liées à l’eau contaminée.
Des incendies ont également été signalés à Java, où vivent 120 millions de personnes, touchant l’est, le centre et l’ouest de cette grande île.
Les feux les plus proches de la capitale, Jakarta, relativement protégée des fumées, sont à moins de 50 kilomètres sur les pentes du Monte Gede.
Les autorités indonésiennes, de plus en plus ouvertement et violemment critiquées dans la presse des pays de la région pour ce qui est considéré comme leur laxisme face aux grandes compagnies agro-forestières tenues pour responsables de la catastrophe, ont appelé à l’aide la communauté internationale.
Cet appel, publiquement formulé mardi par le porte-parole de l’armée, est cependant spécifiquement limité à des demandes en financement et en matériel et exclu les hommes et les experts.
«Tout se passe comme s’ils ne voulaient surtout pas qu’il y ait trop de témoins sur place», a commenté une source qui suit le dossier pour une ambassade occidentale.
Plus de 1.400 ressortissants occidentaux ont été, au cours de ces derniers jours, évacués de Sumatra par bateau sur Singapour.
«L’ordre des départs est fixé en fonction des réactions à la fumée. C’est véritablement une évacuation médicale», a déclaré John Baltz, un responsable de la compagnie américaine Texaco qui exploite un gisement de gaz.
Le ministre de l’Environnement, Sarwono Kusumaatmadja, dont la recommandation n’a pas été suivie d’effet, a déclaré que plus de 50.000 personnes devraient être évacuées de la région qui baigne dans le brouillard depuis des semaines et, où selon des journalistes sur place, la visibilité est parfois de moins de deux mètres.
Au moins 5 Indonésiens sont décédés dans cette même région de complications respiratoires liées à la fumée, selon des sources médicales et plus de 300 ont été gravement affectés.
Au total, ce sont 32.000 personnes qui ont dû recevoir des soins. (AFP)


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