L’ancien secrétaire général des Nations Unies, M. Javier Pérez de Cuellar, a signé au siège de l’organisation internationale ses mémoires intitulés «Pèlerinage pour la paix» (Pilgrimage for Peace). Dédié à son épouse Marcella, cet ouvrage est un récit personnel qui retrace les dix années passées à la tête de l’organisation. L’événement a été parrainé par le département de l’information, dirigé par M. Samir Sanbar.
La cérémonie a eu lieu en présence du secrétaire général, M. Kofi Annan, du président de l’Assemblée générale, M. Hennadiy Udovenko, du directeur du département de l’information, M. Samir Sanbar, de l’ancien porte-parole de M. Pérez de Cuellar, Mme Nadia Younès, de M. Giandomenico Picco qui a négocié la libération des otages au Liban, ainsi que d’un grand nombre d’ambassadeurs et de personnalités.
M. Samir Sanbar a souhaité la bienvenue à l’ancien secrétaire général. Emu de se retrouver dans ces lieux familiers, l’auteur a souligné qu’«il était heureux de pouvoir partager ses dix années d’erreurs». Balayant du regard la salle d’entrée des visiteurs où a eu lieu la cérémonie, il a ajouté: «C’est ma maison. J’y ai vécu pendant des années lorsque j’étais secrétaire général, sous secrétaire général et représentant permanent du Pérou auprès des Nations Unies».
«Pèlerinage pour la paix» couvre les événements qui ont été à l’ordre du jour des Nations Unies au cours du mandat de M. Pérez de Cuellar de 1982 à 1992. L’ancien secrétaire général y analyse notamment le rôle que l’organisation a joué en matière de résolution des confits et de lutte contre l’agression.
Un grand chapitre est consacré à la guerre du Liban, l’invasion israélienne, les problèmes du Liban Sud, le rôle de la FINUL, le départ de l’OLP , les négociations pour la libération des otages, et la résolution 425 adoptée par le Conseil de Sécurité le 19 mars 1978. «Les Libanais sont les vrais descendants des Phéniciens, cultivés, cosmopolites et perspicaces», écrit-il. Le représentant permanent du Liban à l’ONU, M. Ghassan Tueni, est décrit comme un homme d’une «notable érudition et sophistication (...), une race d’hommes en voie de disparition». Il parle aussi de l’envoyé spécial américain pour le Moyen-Orient, M. Philip Habib, dont la mission s’est concentrée sur «l’avenir du Liban».
Javier Pérez de Cuellar a été secrétaire général des Nations Unies de 1982 à 1992, années des grands changements. Sous son mandat a eu lieu la fin de la guerre froide. Durant cette période, de nombreux développements historiques ont porté l’ONU à assumer un rôle nouveau: la guerre des Malouines, le début de la guerre en Yougoslavie, la guerre du Golfe, le retrait de l’armée soviétique d’Afghanistan, et la renaissance du Cambodge. M. Pérez de Cuellar a travaillé étroitement avec les dirigeants les plus puissants de l’époque, dont Ronald Reagan, George Bush, Margaret Thatcher, Mikhail Gorbatchev, François Mitterrand, Saddam Hussein, Nelson Mandela, F. W. de Klerk, et d’autres.
Réminiscences et réflexions de dix années chargées d’Histoires. La «route du pèlerinage» empruntée par M. Pérez de Cuellar est jalonnée de guerres, de famines, de cruauté. Mais, selon l’auteur, elle est devenue plus sûre grâce à un intérêt général croissant pour les questions de sécurité collective, la fin de la guerre froide et la consolidation des libertés et du respect des droits de l’homme. Ecrit sous les auspices de Yale University, «Pèlerinage pour la paix» (518 pages) est l’histoire d’un homme qui s’est engagé sur ce parcours, celui de la paix, afin de promouvoir un monde plus pacifique.

