Interrogée par téléphone depuis Rome, sœur Anaïg, dominicaine, archéologue et historienne, qui vit à Assise a décrit de façon précise les dommages subis par ce joyau du patrimoine mondial.
Sœur Anaïg a indiqué que deux clefs de voûte situées à chaque extrémité de la grande nef se sont effondrées dont l’une comportait une fresque de Cimabue.
Elle a également indiqué qu’elle «avait ramassé des morceaux» de la fresque de la Crucifixion de Cimabue située à la gauche du grand autel de la basilique.
«La première clef de voûte, située près de l’entrée principale de la basilique, était composée de quatre compartiments, dont un sur deux était décoré», a expliqué sœur Anaïg. «Un de ces compartiments est tombé. Il représentait des Docteurs de l’Eglise. C’était des peintures de l’école de Cavallini du XIIIe siècle», a-t-elle ajouté.
«A l’autre extrémité de la nef centrale, au-dessus de l’autel central, il y avait une autre clef de voûte composée de quatre compartiments représentant chacun un évangéliste», a poursuivi l’historienne.
«Cette clef de voûte est tombée sur l’autel qui s’est effondré sous le choc. Il s’agissait d’une fresque de Cimabue», selon elle.
La religieuse a également évoqué la fresque de la Crucifixion de Cimabue, «située à gauche du grand autel, à l’endroit ou le transept s’élargit» et qui est «une œuvre unique et essentielle pour les historiens de l’art parce qu’elle illustre le passage de l’art romain à l’art byzantin».
«Cette fresque a été sévèrement endommagée. J’ai ramassé des morceaux par terre et elle présente au moins une large fissure», a expliqué sœur Anaïg.
Quant aux autres inestimables fresques de Giotto, elle a indiqué qu’il n’avait pas été possible de les examiner de près et donc «qu’on ne pouvait savoir» ce qu’il en était.
Basilique fermée
Sœur Anaïg a enfin exprimé son inquiétude face à la poursuite des secousses, dont deux fortes au cours de la nuit dernière, qui sont un sujet de «préoccupation immédiate».
«Elles risquent d’aggraver les dégâts et de faire tomber des morceaux de fresque» et «rendent impossible dans l’immédiat un examen complet des lieux».
La basilique est fermée ainsi que les églises d’Assise.
Cenni di Peppi, dit Cimabue, peintre et mosaïste toscan, est considéré comme le maître de Giotto. Il serait né à Florence vers 1240. Les spécialistes le considèrent comme le premier peintre italien, marquant le début de l’affranchissement vis-à-vis de l’inspiration byzantine.
Giotto, né vers 1267, est considéré comme un des fondateurs de la peinture moderne. Les 28 fresques de la vie de Saint-François, dans la basilique supérieure, ont été réalisées entre 1290 et 1295 par Giotto lui-même et quelques-uns de ses élèves. Elles sont considérées comme un des sommets de la peinture italienne. (AFP)

