Des milliers de personnes en Italie centrale ont passé le week-end dans des caravanes et des centres d’accueil d’urgence. Le séisme a fait 11 morts et des dégâts considérables et la terre continue à trembler.
Près de 126 personnes blessées à la suite du séisme sont hospitalisées en Ombrie et dans les Marches, a indiqué la protection civile.
Selon la protection civile, qui n’a pas encore pu déterminer exactement le nombre de sans-abris, 11.780 lits seraient disponibles dans les Marches et l’Ombrie. Quelque 7.300 lits ont été installés dans des tentes, 3.080 dans des caravanes et 1.400 dans des centres d’accueil fixes.
Le sous-secrétaire de la protection civile, Franco Barberi, a souligné qu’une peur généralisée s’était emparée de la population et que beaucoup de personnes refusaient de retourner dans leur maison même intacte. «A Macerata, dans les Marches, nous avons reçu 1.200 demandes d’assistance d’hébergement alors que les gens sans abri ne dépassent pas la centaine», a-t-il révélé.
Des polémiques sur le retard des secours ont cependant commencé à pointer. A Nocera, en Ombrie, le maire a déclaré que seulement une centaine de caravanes étaient arrivées depuis vendredi soir, alors que 6.000 personnes sont dans le besoin. Le maire de Foligno a également demandé l’envoi d’autres caravanes. Dans cette ville, 5.000 habitants du centre historique ont quitté leurs habitations et les parkings, places, avenues se sont transformés la nuit dernière en immenses dortoirs. Les lieux publics, l’aéroport, les casernes ont été réquisitionnés.
Dix jours
Selon le président régional de l’Ombrie, Bruno Bracalente, les maisons de milliers de personnes ont été détruites et les dégâts s’élèvent à plusieurs centaines de milliards de lires, M. Bracalente a estimé que la reconstruction durera plusieurs années.
Selon la protection civile, la situation devrait redevenir normale dans dix jours et les contrôles de sécurité sont effectués en priorité dans les habitations privées, les écoles et les hôpitaux. De nombreux édifices publics, notamment les hôpitaux de Foligno, d’Assise, de Camerino et de Fabriano ont dû être évacués.
De nombreuses petites secousses ont été ressenties durant toute la nuit dernière. Samedi matin, une secousse de magnitude 5-6 sur l’échelle de Richter a été enregistrée par l’Observatoire géophysique de Macerata. A Nocera, des pans de murs d’édifices du centre historique complètement déserté par ses habitants, dont une partie de l’antique église, se sont alors écroulés.
Les régions les plus touchées sont les zones montagneuses limitrophes entre les provinces d’Ombrie et des Marches où des hameaux de 200 à 400 habitants ont été entièrement détruits.
Une vaste mobilisation publique et privée s’est déclenchée pour aider les victimes. Les postes italiennes ont lancé une campagne pour récolter des fonds pour les victimes et l’équipe de football de Florence, la Fiorentina, reversera aux victimes le montant des billets vendus pour la partie l’opposant dimanche à Empoli.
«L’Italie a été durement touchée dans son cœur», a déclaré à Bologne le président du Conseil Romano Prodi, qui s’était rendu dans la région dès vendredi. Il s’exprimait au cours d’une cérémonie religieuse aux côtés du pape qui lui aussi a envoyé ses condoléances aux victimes du séisme.
«Les importants dommages causés au patrimoine artistique et religieux», en particulier à la basilique Saint-François d’Assise, étaient «également une source de peine», a estimé le pape.
A Assise, deux franciscains et deux géomètres sont morts dans l’effondrement, vendredi, d’une partie de la voûte de la basilique supérieure Saint-François — qui a été fermée, ainsi que toutes les églises d’Assise. Le surintendant à la culture de Florence et ancien ministre de la Culture Antonio Paolucci a estimé le coût des dégâts à plusieurs dizaines de milliards de lires. (AFP)


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