Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Eltsine annonce un nouvel ordre économique

Le président russe Boris Eltsine a annoncé mercredi que l’Etat jouerait désormais un rôle accru dans l’économie nationale, sans pour autant retomber dans le dirigisme de la période soviétique.
«Tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut renforcer le rôle de l’Etat dans l’économie. Nous agissons dans cette direction. Cela ne veut pas dire que nous retournons aux temps du Gosplan et du Gossnab (NDLR: les agences de planification de l’ex-URSS). Cela veut dire que l’Etat revient à une stratégie économique réfléchie», a-t-il dit dans son allocution à la Chambre haute du Parlement (Conseil de la Fédération), composée pour moitié des dirigeants des 89 régions et républiques autonomes du pays.
«Le gouvernement pose des règles de comportement économique claires et égales pour tous. Nous ferons en sorte que tout le monde s’y plie: que ce soit le grand capital, les moyennes entreprises, le petit commerce ou le gouvernement lui-même», a ajouté Boris Eltsine.
«A l’aube des réformes, le marché libre était la seule force capable de surmonter la crise profonde dans laquelle se trouvait le pays. Mais la liberté économique ne suffit plus si nous voulons arriver à une reprise économique durable. Il faut un nouvel ordre économique».
«Le marché n’est pas une panacée. Dans n’importe quel Etat civilisé, les mécanismes de marché cohabitent sans problème avec la régulation imposée par l’Etat. Dans quelles proportions doivent-ils coexister, cela dépend des circonstances propres à chaque pays», a ajouté le président.
Boris Eltsine a reçu la semaine dernière les directeurs des principales banques du pays et leur a intimé l’ordre de couper court à leurs attaques contre le gouvernement.
Ce rappel à l’ordre — destiné à «montrer qui est le chef», selon l’un des participants à la réunion — fait suite aux critiques suscitées, dans certains milieux bancaires, par la récente privatisation de l’opérateur de télécommunications Sviazinvest et par le combinat minier Norilsk Nickel.
Boris Eltsine a précisé mercredi que le gouvernement ne s’immiscerait pas dans les activités des entrepreneurs privés, pour autant que ceux-ci agiront «dans le cadre de la loi».
«Mais l’Etat ne tolérera aucune tentative de pression de la part des milieux d’affaires et des banques».
Ceux-ci «doivent être au service de la société et agir pour le bien des citoyens russes», a-t-il ajouté, reprenant l’une de ses thèses développées la semaine dernière devant les banquiers.

1998, l’année de la reprise?

Le chef du Kremlin a également souhaité un renforcement de la lutte contre la corruption et les abus de pouvoir dans le secteur public.
Il a appelé les membres du Parlement à «combler les trous béants de la législation» afin de barrer la «route du pouvoir» aux «personnalités douteuses».
Tout en prédisant la reprise économique pour 1998 et en défendant les acquis des réformes, Boris Eltsine a reconnu que la majorité des Russes «ne ressentaient toujours pas les résultats des transformations économiques» entamées il y a cinq ans.
«On entend parfois: c’est le marché qui est responsable de tous nos malheurs. Je suis d’un avis différent. Sans les réformes, l’économie n’aurait pu se renouveler et la Russie ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui».
A l’en croire, la chute de la production industrielle est maintenant enrayée, les arriérés de retraites et de pensions ont été couverts et les militaires sont désormais payés sans retard.
Les relations financières entre le centre et les régions ne pourront être assainies qu’une fois adopté le projet de loi de finances 1998 et le nouveau code fiscal.
«Je vous le dis franchement: je ne trouve pas le projet de budget idéal. Mais les modifications que le gouvernement et le Conseil de la Fédération devront y apporter le rendront réalisable», a dit Boris Eltsine.
«Une percée ne sera possible que si nous adoptons une réforme fiscale et un budget réaliste».
A compter de l’année prochaine, les enveloppes budgétaires destinées aux régions et aux entreprises seront gérées par le Trésor public, et non plus par les banques privées.
«A partir de 1998, tous les comptes du budget fédéral seront au Trésor, et non plus dans des banques. J’y veillerai personnellement», a prévenu le chef de l’Etat.
L’entrée de la Russie au Club de Paris — officialisée la semaine dernière dans la capitale française — lui permettra de récupérer «plus rapidement» les sommes — «140 milliards de dollars» — que lui doivent ses débiteurs, a-t-il ajouté.
Quant aux entrepreneurs qui ont «illégalement» abrité leurs capitaux à l’étranger, ils pourront les rapatrier sans craindre des poursuites judiciaires. En retour, a indiqué Boris Eltsine, ils pourraient avoir à verser «10 à 15% de leurs capitaux» à l’Etat. (Reuter)
Le président russe Boris Eltsine a annoncé mercredi que l’Etat jouerait désormais un rôle accru dans l’économie nationale, sans pour autant retomber dans le dirigisme de la période soviétique.«Tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut renforcer le rôle de l’Etat dans l’économie. Nous agissons dans cette direction. Cela ne veut pas dire que nous retournons aux temps du Gosplan et du Gossnab (NDLR: les agences de planification de l’ex-URSS). Cela veut dire que l’Etat revient à une stratégie économique réfléchie», a-t-il dit dans son allocution à la Chambre haute du Parlement (Conseil de la Fédération), composée pour moitié des dirigeants des 89 régions et républiques autonomes du pays.«Le gouvernement pose des règles de comportement économique claires et égales pour tous. Nous ferons en...