Sept hebdomadaires ont été informés officiellement mercredi de la décision du ministère et les autres seront notifiés jeudi, a-t-on précisé de même source.
Les publications ayant déjà été notifiées de leur suspension sont les hebdomadaires politiques «al-Majed» (pro-nationaliste arabe), «al-Missak» (gauche), «al-Hadath» (proche de l’ancien premier ministre Abdel Karim Kabariti), «al-Bilad» (opposition), ainsi que les magazines généralistes «Saout al-Maraa», «al-Sayad» et «Hawadess al-Saa», tous trois à tirage très limité.
La notification officielle jordanienne, envoyée à chaque hebdomadaire concerné, fait état de «la suspension» de la publication «à dater du 23 septembre», selon une «décision du Conseil des ministres réuni le 20 septembre», sur la base de «l’amendement à la législation sur la presse de 1993».
Des responsables de ces hebdomadaires ont fait part de leur intention de demander les clarifications au ministère de l’Information, avant de faire appel auprès des tribunaux compétents.
Le nouveau code de la presse, adopté en mai, est un amendement d’une loi datant de 1993. Il oblige les hebdomadaires à disposer d’un capital de 450.000 dollars au lieu de 22.500 précédemment et aux quotidiens 900.000 dollars au lieu de 75.000.
Le nouveau code, qui donnait un délai de trois mois aux entreprises de presse pour augmenter leur capital, aggrave en outre les sanctions pour les crimes de lèse-majesté, la diffamation et les «atteintes à l’unité nationale et à la morale publique».
Un hebdomadaire satirique «Abd Rabbou» avait déjà fermé en juin dernier, en raison des restrictions imposées par le nouveau code de la presse.
Le gouvernement avait défendu cette nouvelle loi, en mettant en avant l’abrogation des peines de prison prévues dans l’ancien code pour les auteurs d’articles diffamatoires. Il avait en outre expliqué qu’une remise en ordre de la pléthore d’hebdomadaires était nécessaire, pour améliorer le niveau de la presse en Jordanie.
Les amendes ont été fortement augmentées dans le nouveau code pour les journalistes reconnus coupables d’articles diffamatoires ou de crimes de lèse-majesté et peuvent atteindre 45.000 dollars.
Les directeurs des publications concernées ont au contraire estimé que le nouveau code était destiné à étrangler la presse et à la museler, alors que le pays fait face à une opposition grandissante à la normalisation avec Israël, avec lequel la Jordanie a signé un traité de paix en octobre 1994.
La loi a été rejetée en vain par le syndicat des journalistes (400 membres environ) ainsi que par les partis d’opposition.
Alors que certaines publications ont présenté des documents faisant état de leur capacité à avoir le capital requis, le gouvernement a rejeté leur demande exigeant que le montant soit effectivement versé au capital, a-t-on appris auprès de ces publications. (AFP)

