Le premier ministre britannique Tony Blair n’a pas réussi à calmer la polémique sur les salaires de ses ministres dont certains renâclent, malgré ses injonctions, à renoncer aux augmentations substantielles auxquelles ils ont droit.
Les salaires des ministres sont décidés en Grande-Bretagne par une commission indépendante. Celle-ci a proposé une augmentation de 41.443 livres sterling (66.300 dollars) par an pour M. BLair à 143.860 livres (230.200 dollars) et de 16.000 livres (25.000 dollars) pour ses ministres à 103.860 livres par an (166.000 dollars).
Dès la semaine dernière, M. Blair avait tenté d’étouffer dans l’œuf une polémique naissante avec les syndicats de fonctionnaires, furieux que les membres du gouvernement échappent à la rigueur salariale. Il avait renoncé à la hausse de salaire à laquelle il avait droit.
M. Blair avait dans la foulée demandé à ses ministres lors d’une réunion du cabinet de «faire preuve de retenue» et de ne pas accepter dans sa totalité l’augmentation proposée.
Cela n’a pas été apparemment du goût de tous les ministres et le week-end dernier, le vice-premier ministre John Prescott a admis dans un lapsus que la réunion du cabinet avait été plus vive que Downing street ne voulait bien l’admettre.
La réunion n’a pas réussi à faire taire définitivement les frondeurs à en croire la presse conservatrice, et plusieurs ministres sont toujours décidés à exiger une hausse de salaire au moins équivalente à l’inflation.
Le Daily Telegraph cite ainsi mardi un ministre anonyme qui tempête contre l’attitude de Tony Blair et du chancelier de l’Echiquier Gordon Brown dans cette affaire.
Soulignant que l’épouse de M. Blair, une avocate de renom, gagne confortablement sa vie et que M. Brown, étant célibataire, n’a pas les mêmes besoins financiers que ses collègues mariés, il estime que tous deux peuvent renoncer à leur augmentation sans que cela leur en coûte vraiment. «Mais qu’en est-il pour les autres?», demande-t-il.
Le leader de l’opposition conservatrice William Hague a tenté de son côté de tirer son épingle du jeu en faisant savoir lundi qu’il avait lui-même renoncé à une indemnité de 15.000 livres (24.000 dollars) à laquelle il avait droit après la perte de son poste de ministre, suite à la débâcle de son parti aux élections.
Toutefois, le Labour a eu beau jeu de crier à l’hypocrisie en rappelant que M. Hague n’avait eu aucun remords à accepter l’augmentation proposée par la commission pour son salaire de leader de l’opposition. Une augmentation qui était très exactement de 15.000 livres. (AFP)

