Le premier ministre chinois Li Peng, a annoncé mardi devant cette assemblée que la croissance économique de son pays devrait atteindre 8% par an jusqu’à l’an 2000 et 7% pour les dix années suivantes. Ce sont des taux trois fois supérieurs à ceux de l’Europe ou des Etats-Unis.
Forte de cette croissance et confortée par la puissance financière de Hong Kong revenu en son giron depuis juillet, la Chine accélère sa transition vers l’économie de marché.
Le vice-premier ministre, Zhu Rongji, qui succédera probablement à Li Peng l’an prochain, a confirmé l’ouverture du capital des entreprises publiques, décidée au récent XXVe congrès du PCC, et souligné la volonté de son pays de rejoindre l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
La réunion du FMI a également permis de constater que la Chine entendait jouer un rôle financier dans la région.
Après avoir contribué à hauteur d’un milliard de dollars au plan de sauvetage de la Thaïlande, la Chine envisage de participer au fonds régional que veut mettre en place le Japon pour venir en aide aux pays d’Asie en difficulté financière.
Cette montée en puissance a été saluée par James Wolfenson, président de la Banque mondiale, qui a souligné qu’en l’espace d’une génération, 200 millions de Chinois sont sortis de la pauvreté et que l’illettrisme est passé de 35% à 10%.
Dans un rapport sur ce pays, la Banque mondiale estime qu’il a les capacités pour maintenir le rythme de sa croissance qui a été multipliée par quatre en 15 ans.
La Banque considère par contre que si les réformes étaient arrêtées et l’ouverture des marchés freinée, la Chine ne pourrait pas soutenir ce rythme.
Selon un rapport du FMI, le pays devra faire face à deux défis: la gestion des millions de chômeurs que créera l’ouverture du capital des entreprises d’Etat, et la consolidation du système bancaire qui doit absorber les énormes entrées de capitaux.
Déficitaires
Près de la moitié des 300.000 entreprises d’Etat perdent un total qui pourrait, selon certaines estimations, atteindre 100 milliards de dollars, et près de 15% des 150 millions de travailleurs d’Etat pourraient se retrouver sans emploi après l’ouverture du capital des entreprises publiques.
Le pays doit également faire face à de forte entrées de capitaux que son système financier a du mal à gérer.
Pour les six premiers mois de 1997, les exportations de la Chine ont augmenté de 25%, alors que les importations ont diminué de 0,1%.
L’excédent commercial a ainsi atteint 17,8 milliards de dollars qui sont venus gonfler les réserves de changes. Avec 122 milliards de dollars, la Chine est devenue le numéro deux mondial en termes de réserves, derrière le Japon qui dispose de 220 milliards.
Cette explosion des exportations s’explique en grande partie par le très faible coût du salaire horaire qui se situe à six francs, contre 45 FF pour Hong Kong ou Taïwan.
Comme le soulignait le ministre français de l’Economie et des Finances, Dominique Strauss-Kahn, à l’issue d’une entretien avec Li Peng, la seule vraie question qui se pose sur l’avenir de la Chine concerne le rythme des réformes.
«Jusqu’à présent, la Chine a choisi l’action contre l’inertie. Si ce choix n’est pas remis en cause, un cinquième de l’humanité pourra sortir de la pauvreté et du sous-développement», estime Vikram Nehru, un des auteurs du rapport de la Banque mondiale. (Reuter)

